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Humanistes à la galerie Argentic : tutoyer l’amour et la liberté avec un regard optimiste

Humanistes à la galerie Argentic : tutoyer l’amour et la liberté avec un regard optimiste

26 décembre 2015 | PAR Christophe Dard

Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, Robert Doisneau, Sabine Weiss… Jusqu’au 30 janvier 2016, les grandes signatures de la photographie humaniste sont exposées à la galerie Argentic à Paris.
Amusants, engagés ou bouleversants, leurs tirages montrent qu’il suffit d’un peu de curiosité pour décrocher des émotions au passage d’une vie quotidienne présumée ennuyeuse.

 

Transmettre de l’espoir par une photographie en noir et blanc qui ouvre les volets sur des tranches de vie que les trottoirs, les terrasses et les fleuves voient défiler tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes… Telle est la démarche initiée par un groupe de photographes à la fin de la Seconde Guerre mondiale. On les appelle les humanistes. Ils observent ce que l’existence raconte, des hommes et des femmes qui s’embrassent, des enfants qui jouent, des ouvriers qui manifestent ou des démolitions (C’est Baltard qu’on assassine de Jean-Claude Gautrand) et des constructions qui alimentent les conversations de rues dépassées par les événements. Que ce soit dans une banlieue populaire ou dans les quartiers chics de Paris, la vie a les mêmes anecdotes.

 

Les Deux Amis par Edouard Boubat - © E. Boubat/Rapho
Les Deux Amis par Edouard Boubat – © E. Boubat/Rapho

 

Chacun développe son style. Robert Doisneau est le polisson malicieux de la photographie. Ses scènes, même les plus sérieuses, ont toujours leur part d’humour. Edouard Boubat a l’âme d’un poète alors que Willy Ronis a l’œil du militant. Il honore les classes modestes qui font pousser dans leur coeur l’ambition d’un nouveau juin 1936.

Très vite les photographes humanistes deviennent célèbres. Henri Cartier-Bresson est l’un des fondateurs de l’agence Magnum avec Robert Capa. Life lui achète ses clichés tout comme Robert Doisneau. A la même époque, Sabine Weiss travaille à l’Agence Rapho tandis qu’Edouard Boubat parcourt le monde entier pour le magazine Réalités et que d’autres sèment leur talent dans les pages de Paris Match et de Vogue.
En 1955, consécration ultime, le MoMA de New York consacre une exposition au courant humaniste, The Family of Man, qui regroupe pas moins de 273 photographes.
Les pionniers du mouvement coopèrent avec des écrivains, des créateurs de mode et sont reconnus comme de grands artistes au même titre que Picasso. D’ailleurs, l’un des représentants de cette école humaniste, Lucien Clergue, va montrer ses photos à l’auteur de Guernica et les deux hommes vont rester très proches.

 

C’est Baltard qu’on assassine par Jean-Claude Gautrand - Courtesy Galerie Argentic
C’est Baltard qu’on assassine par Jean-Claude Gautrand – Courtesy Galerie Argentic

 

Avec cette rétrospective d’une quarantaine des plus beaux tirages des humanistes, la galerie Argentic montre que même en noir et blanc, la vie n’en finit pas de vivre et que sa simplicité toute naturelle donne à l’art l’un de ses plus beaux appareils.

Christophe Dard.

 

INFORMATIONS PRATIQUES : ?
Humanistes
Galerie Argentic
Jusqu’au 30 janvier 2016
43 rue Daubenton 75005 Paris
Ouverte du mardi au samedi de 15h à 19h
www.argentic.fr

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Christophe Dard
Diplômé d'un Master d'histoire contemporaine et d'une école de radio, Christophe est journaliste, passé notamment par Europe 1. Il travaille depuis 2013 pour Toute la Culture. Compte Instagram : https://www.instagram.com/christophe_dard/?hl=fr

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