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Galerie Azzedine Alaia : Un sublime jardin suspendu signé Kris Ruhs

Galerie Azzedine Alaia : Un sublime jardin suspendu signé Kris Ruhs

23 octobre 2015 | PAR Araso

A la galerie Azzedine Alaïa ouvre aujourd’hui la première exposition en France de l’artiste américain Kris Ruhs, dont l’intitulé Hanging Garden – Jardin Suspendu tient ses promesses. Une installation visuelle et sonore inédite, une déambulation onirique diurne qui en fait un véritable havre de paix en plein cœur de la ville.

 

Le plaisir esthétique est immédiat, ainsi que l’éveil des sens suivi de l’apaisement de l’âme. Le Jardin Suspendu de Kris Ruhs est jubilatoire, doucement régressif. Semblant tout droit sorti d’un conte des frères Grimm, il comporte sa part de noirceur, au sens littéral du terme. Le blanc de la porcelaine et la dorure des fragments métalliques sont éclaboussés de peinture noire et de nombreuses imperfections, évoquant Julian Schnabel : « tout ange a un côté noir ». L’installation ne compte pas moins de 45 000 pièces, toutes posées à la main par la famille Alaïa, allant des membres du studio à Monsieur Alaïa lui-même en passant par l’artiste. Çà et là un fil dépasse, une tige est déboitée. Qu’importe : son œuvre vit, grandit, respire. La perfection inclut l’imperfection, reprenant à son compte la contribution de chacun. Une bande sonore à peine perceptible donne simplement conscience d’être dans les lieux, sans entraver la rêverie. L’imagination se libère à mesure que le regard balaie l’horizon pour enfin se poser sur chacune des pièces, toutes uniques et faites à la main par Kris Rughs. Ce « handyman » touche-à-tout porte une collection de bagues en argent dont l’une se termine d’un long pic. « Je les ai faites moi-même » commente-t-il. « C’est aussi très pratique pour ouvrir des trucs ». Il a, en outre, créé des bijoux pour Azzedine Alaïa. Discret, connu aux Etats-Unis, il n’a jamais été exposé en France.

 

 

Kris Ruhs est un peintre, sculpteur et créateur de bijoux américain, qui a grandi et étudié à New York, vit et travaille à Milan. Les pièces en porcelaine, il les a confectionnées lui-même dans son studio de Milan après avoir appris la technique de la céramique en autodidacte. Questionné sur sa formation, il explique : « j’ai étudié à la School of Visual Arts de New York dans les années 70. A l’époque, c’était un lieu de vie et d’échange incroyable. On pouvait suivre des dizaines de cours, sur tout. Parfois les gens dormaient sur place. Les études n’étaient pas diplômantes : on n’y pensait même pas. Aujourd’hui, les jeunes artistes ne pensent qu’au futur et se préoccupent avant tout de leur diplôme, de comment trouver une galerie… à mon avis, il prennent le problème à l’envers. » En nous déplaçant dans la galerie, nous arrivons devant un petit « théâtre » dans lequel se déploie une armée de personnages noirs et blancs marchant vers le spectateur, qui pourraient très bien être aussi l’une de ces constructions de galets que l’on peut voir sur les plages en été. Kris jubile : « Cela me fait très plaisir. C’est exactement ce que je souhaite, que chacun puisse interpréter mon travail à sa façon. Une œuvre d’art réussie est celle qui donne de l’imagination. »

 

L’exposition de Kris Ruhs ouvre au public dès demain jusqu’au 27 décembre 2015, tous les jours de 11h à 19h à la galerie Azzedine Alaïa, 18 rue de la Verrerie, 75004 Paris

 

Texte et visuels

Araso

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