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Pour sa 5ème édition, le YIA Art Fair s’assagit et perd en inventivité

Pour sa 5ème édition, le YIA Art Fair s’assagit et perd en inventivité

22 octobre 2015 | PAR Hugo Saadi

Pour la deuxième année, le YIA Art Fair investit la grande halle du Carreau du Temple dans le 3ème arrondissement de Paris. A l’image de l‘année précédente, la touche folle n’est plus au rendez-vous, elle qui nous interpellait lorsque le YIA se déroulait dans de nombreuses galeries et lofts. Trop sage, cet OFF de la FIAC peine à se distinguer et rentre dans le rang.

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Le Young International Artists avait le chic pour proposer des œuvres saugrenues et surprenantes. Désormais, le visiteur se promène dans une halle bien rangée, où les murs sont de plus en plus garnis, délaissant les conceptions visuelles virevoltantes et occupant tout l’espace. Il serait faux de dire que toutes les galeries présentent un accrochage classique, mais dans la grande majorité (pour des raisons pratiques ?), les pièces exposées proposent peu d’interaction .

Quatre artistes sortent néanmoins du lot, dont trois revisitent à leur sauce la photographie. Le premier, l’artiste Rémi Groussin  présenté à la galerie Un-Spaced confronte l’Iphone et la photographie ancienne. Reprenant des clichés de monuments symboliques (la tour Eiffel, Notre-Dame de Paris…), il y intègre à coups de peinture, un éclat, une fissure représentant dans notre esprit une coque d’Iphone ayant subi une belle chute … Décalé, le rendu amuse. (photos 1-2-3)

Du côté de la galerie Soda, Lucia Tallova détourne les codes fixes de la photo pour jouer sur les reliefs et sortir littéralement du cadre. Les grandes vagues n’épousent plus la plage de sable fin, mais se projettent désormais vers notre regard. Tandis que l’horizon orangé d’un coucher de soleil se répand en dehors de la photo en elle-même. Notre œil s’attarde longuement sur tous les détails qui s’échappent ! Original et séduisant. (photo 4)

Enfin, Sylvie Bonnot cloture le trio d’artiste déstructurant les clichés. La galerie Ségolène Brossette expose de grandes photographies ayant fondu ou s’étant brisées. Le concept est fort et fonctionne grâce aux grands formats des œuvres. On s’aventure en plein cœur, si proche qu’on peut imaginer être les responsables de cette dégradation volontaire. Intriguant (photo 5)

Enfin on termine avec un univers dérangeant et étranger, celui de l’artiste français Paul Toupet. Une dizaine de petites sculptures hautes comme trois pommes se tiennent face à nous et prennent l’allure de petits enfants. Certains jouent aux billes allongés par terre, d’autres discutent dans un coin en tête à tête et certains font des figures acrobatiques. Toutes ces sculptires mélangent l’innocence du jeune âge et l’obsession du mouvement dynamique. Mais c’est au niveau du visage que l’œuvre prend une toute autre dimension. Les petites terreurs en seraient presque des vraies. Un inquiétant visage de lapin aux grandes oreilles vient masquer leurs petites bouilles enfantines et créer le décalage parfait. C’est ce qu’on aime voir au YIA Art Fair et c’est à ne pas louper à la galerie Da-End. (photo 6)

YIA Art Fair #5, du vendredi 23 octobre au dimanche 25 octobre. De 10h (midi le vendredi) à 20h. Toutes les informations pratiques sur le site officiel.

Visuels :

© Sylvie Bonnot Courtesy of Segolene Brossette Galerie

© Lucia Tallovà Courtesy of SODA Gallery

© Paul Toupet Courtesy of Da End Galerie

© Rémi Grousson Courtesy of SUn-Spaced Galerie

Infos pratiques

La Nacelle
La Panacée
Enora Le Goff

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