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Doug Aitken à la galerie Pièce Unique

Doug Aitken à la galerie Pièce Unique

01 octobre 2021 | PAR Laetitia Larralde

Alors que la Fashion week de Paris bat son plein, la galerie Massimo de Carlo – Pièce Unique propose une œuvre lumineuse et sonore de l’artiste américain Doug Aitken.

La collaboration de Doug Aitken avec le milieu de la mode, cet été avec Yves Saint Laurent pour une installation artistique servant d’écrin au défilé de la collection homme printemps-été 2022 à Venise, en lien avec la Biennale d’architecture, a décidé la galerie Pièce Unique dans le choix de son calendrier. C’est donc dans un Paris peuplé de créatures de la mode que l’œuvre s’illumine. Mais plutôt que de suivre le rythme effréné de cette semaine, l’œuvre se pose comme un îlot immobile, en retrait de la rue.

L’œuvre All doors open de Doug Aitken se compose d’une jeune femme alanguie sur une table, d’un sac de courses, d’un bol de fruits et d’un téléphone portable en acrylique translucide illuminé de l’intérieur par un système de LED. Tandis que la table, la chaise et l’estrade en bois restent neutres, les autres éléments s’illuminent de différentes couleurs selon une séquence qui les relie ou les sépare, les fait vibrer ou les immobilise. La jeune femme, la main posée en direction du téléphone, semble prise dans un moment suspendu, dans un décor banal et très quotidien, hésitant à rejoindre la réalité virtuelle.

Car qui sommes-nous aujourd’hui sans nos téléphones portables, sans les réseaux sociaux, sans internet ? Notre dépendance accrue par le confinement à ces moyens de communication à distance fait des moments de déconnexion un quasi luxe. Celui de pouvoir ralentir notre rythme, d’accepter de passer à côté des informations à l’importance fugace, de ne pas être continuellement disponibles. Mais sans la réalité virtuelle, l’isolement réel de cette jeune femme devient plus prégnant. Dans ce contexte de Fashion week, le message est encore plus marquant.

Si le principe de la galerie Pièce Unique est de pouvoir voir les œuvres de puis la rue, pour celle-ci il est nécessaire de rentrer pour entendre la bande-son éthérée qui l’accompagne, soulignant la dimension onirique de l’installation. Le vernissage s’est fait exceptionnellement de nuit, laissant l’installation illuminer l’espace de ses couleurs changeantes, permettant ainsi de profiter au mieux de l’œuvre. All doors open devient alors une parenthèse onirique, suspendue entre deux mondes.

All doors open, Doug Aitken
Galerie Massimo de Carlo – Pièce unique
Du 28 septembre au 17 octobre 2021

Visuels : courtesy MASSIMODECARLO

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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