Arts
FIAC 2015, art et argent font la foire

FIAC 2015, art et argent font la foire

21 octobre 2015 | PAR Bérénice Clerc

La FIAC, foire d’art contemporain parisienne où le mode de l’argent vulgaire, du lifting décalé, du look improbable calculé se rassemblent chaque année à la même période sous la somptueuse verrière du Grand Palais pour revoir les œuvres vues dans les galeries les années passées, l’auto gloriole,  l’économie d’impôts, la passion de l’art ou l’amour du pseudo branché absolument déconnecté.

Pour les artistes, les amoureux de l’art, les galeristes professionnels et passionnés, les artistes, la FIAC est un rendez-vous, la beauté, la force des œuvres de Boltansky, Shiota, Bourgeois, Barcelo, Messager, Soulages, Kappoor, Lévèque, Orlan,Arsham et les autres sont à vivre dans l’infinie verticalité du Grand Palais.

Les stands, pareils à ceux des salons de l’étudiant ou de l’emploi et du chômage réunis sont toujours réducteurs pour l’imaginaire et le voyage avec les œuvres, mais le pire, le plus insupportable face à la puissance de l’art sont les mots et les couleurs des visiteurs et acheteurs à la vulgarité hors limite.

Une phrase réductrice à gauche, des discussions en millions à droite, un talon se brise, elle devient humaine, l’espace d’une chute.

Le snobisme et l’absence d’amabilité sont des atouts majeurs pour avoir l’air normal à la FIAC, condescendance face aux œuvres, mépris du personnel, le galeriste aura droit aux salutations en bon et du formes, son assistante à peine un regard vers sa tablette avec les prix, les personnes à l’entrée bip les badges et n’auront pas le droit au bonjour minimum, à la rigueur une question pratique avant de souffler sans même attendre la réponse mais la dame pipi reste transparente, sur sa chaise, elle est là sourire accrochée, elle attend patiemment de nettoyer derrière les derrières couverts de belles étoffes et les femmes avides de miroirs pour admirer les beautés détruites par les bistouris.

Que font ces gens devant les œuvres où leurs reflets envahissent l’espace ? Pourquoi errent-ils ici, là dans ces allées ? Aiment-ils l’art et les artistes ? Sont-ce juste des investisseurs froids, spéculateurs de contemporain ? Point de généralité, dans ces allées il y a surement des cœurs purs aux poches pleines, ils se taisent mais nous entendons et voyons beaucoup les autres, la vulgarité prend de la place, à chaque espace ils se parlent seuls à plusieurs.

Un marché comme un autre, vendeurs, acheteurs, négociateurs, idem à celui de Barbès, l’indécence en sus, les zéros en colonies.

Kamel Mennour est là, une salade de carotte à la main, il mange, parle avec passion de ses artistes, un moment suspendu, il aime son métier, il défend l’art, il fait plaisir à entendre, il gagne, il perd comme les autres mais l’élégance et la passion font battre ses veines sous son beau costume et cela rassure.

L’art n’est pas perdu, la FIAC est un espace temps particulier, un spectacle, les artistes ont aussi besoin de cela pour vivre et continuer à faire vibrer le monde et modifier la perception du réel.

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Une très belle cuvée 2015 pour Art Elysées
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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