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Yves Saint Laurent, la collection du scandale s’expose

Yves Saint Laurent, la collection du scandale s’expose

23 mars 2015 | PAR Mariska Konkoly

ysl-04026162606-originalLa Fondation Pierre Bergé présente jusqu’au 19 juillet 2015, une collection « scandaleuse » lancée en 1971 par le créateur Yves Saint Laurent. Une date forte, puisqu’elle celle-ci symbolise la fin des codes érigés par la Haute-Couture et inaugure l’avènement du prêt-à-porter. Ainsi 84 silhouettes ont défilé cette année-là, arborant des épaules carrées, des jupes midi, des tailles soulignées et plissées puisant leur inspiration dans l’entre-deux guerres, un défilé qui se verra qualifié de « hideux » par l’assemblée présente mais qui bouleversera avec la plus troublante des avant-garde les lignes seventies de la couture.

« Qui est cette fille qui s’habille aux puces ? »

Un murmure se dresse parmi les invités prêts à découvrir la collection du scandale, un brouhaha qui désigne Paloma Picasso, la muse originelle de cette ligne aux postures nouvelles. Habituée à chiner les apparats de sa silhouettes dans les puces parisiennes, la fille du peintre revêtait une élégance retrouvée dans les années 40 : bérets de côté, taille haute, robes et jupes aux genoux, talons compensés, vestes aux épaules carrées, maquillage appuyé, caractéristiques d’une époque encore présente, celle de l’occupation. Une inspiration et une collection baptisée « Libération » qui a soulevé une véritable révolte à l’encontre de cette nouvelle posture qualifiée « d’ hideuse » et « d’insulte à la mode » mais qui signe la naissance de nouvelles silhouettes, leit-motiv d’une génération.

« Ce que je veux ? Choquer les gens, les forcer à réfléchir. » Yves Saint Laurent, Vogue, 1971.

9_tailleur_pantalon_jpg_8952_north_499x_whiteC’est une scénographie intéressante qui s’est ouverte : des croquis et des dessins représentés en grand format peignent les murs de l’exposition et accueillent un chemin à travers les silhouettes imaginées par Yves Saint Laurent. Miroir permanent entre la réalisation des pièces depuis le processus créatif, une mise en abîme de ses croquis originaux, des fiches d’ateliers, des planches de collections et des imprimés. Ceux-là reprenant avec une volonté de rupture les codes d’un nouveau « kitsch », qualifié de « criard «  mais habilement voulu. Des cols XXL redessinent les tailleurs, tandis que les fourrures se font courtes aux épaules démesurées comme la plus célèbre en renard qui arbore un vert lumineux. Un appel au « peace & love » et aux fleurs rhodoïds et gigantesques, une veste brodée de paillettes en soleil et des couleurs fortes qui s’affichent en nouvel emblème, la naissance d’un nouveau style bien loin des lignes classiques attendues pour cette année 1971. Un scandale qui s’affiche également à travers les tailles resserrées et plissées dessinant un nouveau corps pour la femme, suggère sa silhouette ponctuée et accentuée de fleurs en pompons cousus. Les imprimés prennent eux aussi un nouveau visage, pour habiller les robes du soir grecques façonnées en crêpe de Chine représentant Héraclès et les guerriers de Marathons.

Plus qu’une année, c’est un décennie qui s’est vue attribuer le symbole d’une génération libre pour parfois paraître insolente, sous la force d’un style se réinventant de nouvelles palettes, boudant les codes préétablis. C’est le visage du « scandale » qui reproduit point par point l’atmosphère et les pièces d’une collection reconstituée.

« Yves Saint Laurent, la collection du Scandale » , du 18 mars au 19 juillet 2015. Fondation Pierre Bergé, 3 Rue Léonce Reynaud, Paris 75016. Tel. : 01.44.31.64.31.

Visuels (c) : Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent

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