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Exposition Wildlife Photographer of the Year : un bestiaire sauvage et émouvant s’expose à Elbeuf

Exposition Wildlife Photographer of the Year : un bestiaire sauvage et émouvant s’expose à Elbeuf

04 octobre 2020 | PAR Anne-Sophie Bertrand

A une trentaine de kilomètres au sud de Rouen, à la Fabrique des savoirs, vous pouvez découvrir jusqu’au 7 mars 2021 une exposition dédiée au célèbre concours de photographies animalières Wildlife Photographer of the Year. Il est organisé chaque année par le Musée d’Histoire Naturelle de Londres. A Elbeuf, cent clichés sont présentés mettant en exergue à la fois la richesse et la formidable capacité d’adaptation de ces espèces animales, et leur extrême fragilité. 

Le bestiaire toujours plébiscité

« Waaaou Maman, regarde c’est trop beau les couleurs ! » s’exclame une petite fille de 6 ans en regardant la photo primée du jeune néo-Zéanlandais Cruz Erdmann, 14 ans. Un calmar iridescent saisi lors d’une plongée sous-marine sur les côtes indonésiennes, dont le bleu et l’ensemble de la palette chromatique semblent s’illuminer, scintiller, contrastant avec le fond noir. « C’est fou, je n’avais jamais vu cette espèce », « Je ne pensais pas qu’ils pouvaient faire ça », « Ah, mais c’est si grand ?! » échangent les adultes entre eux. A chaque arrêt devant image, il y a une surprise, un sentiment. Aucune des images retenues par le commissaire de l’exposition, Jérôme Tabouelle, ne laisse indifférent, et toutes invitent le public à redécouvrir différents aspects de la biodiversité. 

Le regard des plus petits comme des plus grands ne trompe pas, ces animaux fascinent. De part leur beauté et leurs comportements « sauvages », ils exercent sur les Hommes, une sorte de magnétisme tout en gardant un certain mystère. Qui sont-ils vraiment ? Comment pensent-ils ?

 

Wildlife : une photographie documentaire, et surtout passionnée

Nous nous sommes tous surpris à prendre au moins une fois en photo un animal domestique; aperçu au loin, telle une apparition; ou rencontré lors d’un voyage, témoin d’un ailleurs. Les plus passionnés d’entre nous patientent, observent, capturent les attitudes : en ville, sous les océans, en pleine savane…. Monsieur Tabouelle le rappelle au cours de la visite : « Certains photographes attendent des heures, des jours, des mois voire des années pour capturer le moment souhaité. Et puis, pour le rendre magique, il suffit parfois de quelques secondes« .

Ces clichés permettent de décrypter, d’analyser, et d’enrichir les bases d’informations des formidables collections scientifiques dédiées à l’examen du bestiaire. Au total, plus de 48100 photos ont été envoyées pour l’édition 2019. Tout autant de profils et de petites histoires. Chaque photo est accompagnée d’un cartel qui présente la motivation du photographe, le contexte de la prise et dissèque cet instant qui est figé devant nous. On pourrait passer des heures dans l’exposition à lire, questionner les images, à admirer également les taxidermies qui ont été installées au regard des photos pour renforcer la dimension « réelle » de cette imagerie en 2D.

On se rêve explorateur, de partir à la conquête de cette « wildlife ». La petite fille rencontrée au début de l’exposition demande à sa mère si elle aussi elle pourrait « avoir un appareil photo pour son anniversaire pour faire plus attention aux animaux et partager les photos avec tout le monde ». Elle déclare vouloir devenir scientifique. Sa mère acquiesce d’un grand sourire et l’encourage. Juste à côté, même avec quelques années de plus, nous avons exactement le même enthousiasme. Après tout, y-a-t-il un âge pour découvrir, partager et s’émerveiller ?

 

Une exposition engagée ?

Au cours de l’exposition Wildlife,  on rit, on apprend, on a parfois aussi des haut-le-coeur… Il y a évidemment les lois de la nature, les relations trophiques, certains rapports de force et d’oppression inévitables et violents. Il s’agit de chaînes alimentaires nécessaires à la survie des espèces. Mais ces images sonnent parfois comme un cri d’alarme. La section photo-journalisme est particulièrement brillante pour cela. Déforestation, plastiques, constructions intempestives, surconsommation, braconnage… Le mammifère « le plus évolué » s’illustre encore une fois comme étant le plus irrespectueux et le plus barbare pour servir son propre et unique intérêt. Un homme s’arrête devant un photo montrant des corps de grenouilles dont les cuisses sont coupées, flottants dans une marre de sang et d’entrailles : « Olalala quelle horreur ! Au XXè siècle, c’est pas possible de faire ça ». Mais ces dernières poussent la réflexion au delà de la considération animale. Qu’est ce qui se traduit de ces traditions ? A quel moment de l’histoire sommes-nous ? Agissons-nous seulement ainsi avec les animaux ? Est-ce qu’au quotidien j’essaie d’améliorer les choses ?

En tout, il faut compter une bonne heure pour faire le tour complet du plateau de la Fabrique des Savoirs. Seul.e, entre ami.e.s ou en famille, Toute La Culture vous conseille vivement cette exposition conçue intelligemment pour les personnes averties comme pour celles qui n’auraient pas très bien suivi leur cours de science… 

 

 

Infos pratiques

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Anne-Sophie Bertrand

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