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Avec Beethoven, la Saison musicale des Invalides offre une ouverture rassérénante

Avec Beethoven, la Saison musicale des Invalides offre une ouverture rassérénante

05 octobre 2020 | PAR Alexis Duval

Autour d’un programme convenu mais interprété avec cœur, l’ensemble Les Ambassadeurs a rendu un vibrant hommage au compositeur allemand dans la cathédrale Saint-Louis.

Jusqu’ici, 2020 a remporté haut la main sa gloriole d’annus horribilis. Et se raccrocher aux branches de l’espoir relève souvent d’une prouesse acrobatique. Concerts annulés, programmations menacées, interprètes encore davantage précarisés… Au même titre que d’autres secteurs de la culture, la crise sanitaire a déstabilisé une grande partie des passionnés de musique.

Au milieu de ce flot de périls, il subsiste des îlots lumineux. Ainsi l’ouverture de la Saison musicale des Invalides 2020-2021, jeudi 1er octobre à Paris. Si le programme construit autour de Beethoven était convenu, l’exécution n’en était pas moins savoureuse. Elle avait le goût du plaisir retrouvé, celui qui consiste à faire partie d’un public. Car c’est aussi ça, l’expérience de toute représentation artistique. Et cela nous avait sacrément manqué.

Aux Invalides, chaque concert de la Saison musicale obéit à un rituel élégant. Il débute toujours avec une courte présentation savante, douce, passionnée, indispensable, de la conservatrice en chef du Musée de l’armée et directrice artistique de la programmation de concerts, Christine Helfrich. Elle s’est faite ce soir-là l’ambassadrice de l’ensemble les Ambassadeurs, admirable phalange internationale menée par le Français Alexis Kossenko.

Subtilité orchestrale

Les deux premières pièces du programme étaient comme des bonbons. Ah! perfido (op. 65) est un air de concert dont la soprano Anara Khassenova a pris possession avec théâtralité. La pièce tragicomique composée en 1796 évoque le dépit d’une femme victime d’adultère. Il est donc de bon aloi de s’emparer du rôle en se livrant à l’exagération. La cantatrice a bien tiré parti de la subtilité orchestrale des Ambassadeurs. Pour Tremate, empi tremate (op. 116), le ténor Christophe Einhorn et le baryton-basse sont venus prêter main-forte à Anara Khassenova. Trio grandiose et court (environ 8 minutes) à la composition ample, la pièce de 1803 a été brillamment jouée. Le plaisir des interprètes à reprendre cet air était d’une contagieuse évidence.   

Puis place au clou du spectacle, l’oeuvre monumentale que l’on attendait avec impatience, la Symphonie n°7. On a noté quelques disharmonies, principalement dans le quatrième et dernier mouvement. Quel dommage qu’on n’ait pas pu goûter pleinement à sa tonitruance… Mais quel bonheur de pouvoir la réécouter ! Chacune des parties est un régal de composition et d’intemporalité.

Formation solide qui brille bien davantage dans le répertoire baroque, Les Ambassadeurs ont joué avec cœur et ardeur. Et la dimension de partage, de célébration du collectif inhérente à toute représentation revêt une signification particulière en ces temps troublés. Ce soir-là, la musique a dansé sur les murs de Saint-Louis-des-Invalides. Et l’on est sorti de cette bulle avec le cœur comblé d’espoir.

Crédit photo : ©Alexis Duval

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Alexis Duval

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