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Pandore(s), quand Toute La Culture expose au Carreau du Temple

Pandore(s), quand Toute La Culture expose au Carreau du Temple

28 avril 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

« Les choses murmurent si nous savons entendre », suggère Barbara dans sa chanson « Drouot ».

Que les lieux et les objets puissent nous précéder, nous survivre, passer entre d’autres mains ou nous rappeler un état précédent de notre vie interpelle. .. Dans le cadre du gigantissime vide-dressing organisé par Violette sauvage le 3 mai au Carreau du Temple, le magazine Toute La Culture est commissaire d’une exposition, sous les aciers et les verres du centre de culture qui vient de rouvrir ses portes aux Parisiens.

Tout comme les vêtements du vide-dressing de Violette Sauvage, le Carreau du Temple a eu divers propriétaires qui ont tous laissé une empreinte sur ce bel objet à travers le temps : Templier, ordre de Malte, voyageurs étrangers en résidence, puis royauté et commerçants qui, au cœur d’un des marchés centraux de la capitale ont habité le lieu devenu aujourd’hui une « pépinière » de projets et d’événements au prisme aussi large que notre magazine.

Se pencher sur les choses que l’on acquiert ou sur celles dont on se départit, se figurer leur histoire, leur passé et leur passage, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Tout se passe comme si chaque pièce avait le terrible pouvoir de porter le secret d’émotions humaines antérieures et il y a quelque chose d’étrangement inquiétant dans ces objets sans volonté, qui pourtant, nous échappent…Mais il y a aussi quelque chose de positivement magique dans ce que Walter Benjamin appelait « l’aura » des objets. Tout collectionneur le sait bien : transformés par leur usure et leur usage, détournés de leur finitude par la chaîne imprévisible de leurs propriétaires, ils se mettent à danser comme des papillons pour dépasser l’idée de valeur marchande et porter dans leurs chuchotements des couches vivantes d’humanité.

Toute La Culture a convié des artistes à ouvrir joyeusement la boîte de pandore pour trouver cette aura vibrante.

Emilie Hallard est une photographe dont le travail est centré sur l’humain, ses émotions, ses travers, sa diversité, sa mise à nu et sa beauté. Elle a exposé dans de nombreux festivals et expositions collectives en France et à l’étranger. Elle est aussi la co-fondatrice du Paris Photobook Club et du PhotobookFest.

www.emiliehallard.com

Stephane Fedorowsky explore l’univers de la photographie depuis plus de dix ans. Tout commence en 2001 où iI décide de quitter Paris pour vivre durant plusieurs années à Los Angeles où il suivra des cours d’art a “Santa Monica College”. Très vite, il poursuit sa route à New York qui deviendra une véritable source d’énergie et d’effervescence créatrice à travers sa technique de prédilection: la photographie argentique développée en chambre noire. Ce procédé lui permet de jouer avec les techniques de développement en chambre noire (solarisation/superposition/surimpression/jeux de chimie/rayographie) et de faire naître ainsi cette si précieuse intemporalité qui constitue la base de son travail. Pour Stéphane Fedorowsky, le développement d’une photo n’a qu’une seule finalité : la rendre « image » à mi chemin entre dessin et iconographie, qu’il obtient par un mélange subtil d’effets et de textures qui se raréfient au fil du temps.

Le choix de ce medium est le moyen pour lui de réintégrer des processus qui semblent aujourd’hui disparaître peu à peu. Sa relation avec le tirage de chaque photo est intime et sa maitrise les métamorphose en de véritables pièces uniques. Pour lui, elles sont le résultat de ce qu’il appelle « matière » et « spontanéité » soit le fruit d’un long travail de création qui prendrait vie spontanément dès le développement en chambre noire.Comme pour l’atelier du peintre, la « chambre-noire » est perçue comme un laboratoire où le « face-à-face avec soi-même » reste primordial.

Un pinceau invisible à la main, une palette de lumière…Fortement influencé par le Mouvement Surréaliste, la Mythologie, le Symbolisme  qui sont également de réelles sources d’inspiration pour Stéphane Fedorowsky qui demeure un passionné de contes mais aussi de mots qu’il prend plaisir à manier et à détourner.

Il réalise ainsi des portraits, écrit des histoires, révèle des personnages en mettant en lumière l’individu avec l’idée que: « En chacun de nous se cache le personnage d’un instant » Ce metteur en scène de l’être et des êtres recherche ainsi la rencontre avec cette partie de soi jusqu’alors inexplorée.

stephanefedorowsky.com

Eve Saint-Ramon se présente ainsi : « Je m’présente, je m’appelle Eve.
J’ai réussi ma vie, je suis aimée.
Je suis belle, je gagne de l’argent.
Puis surtout je suis intelligente.
Mais pour tout ça je bosse à plein temps comme photographe indépendante. »

http://www.evestreet.net/

Orientées vers l’onirisme, le paradoxe et l’étrangeté, les réalisations de Pierre Yves Donzé ont souvent pour but de susciter le questionnement et l’émotion. Sa démarche première consiste à mettre en image sa vision décalée de la nature humaine et de la complexité du monde qui l’entoure. Autour de cette volonté se construisent plusieurs séries, qui mettent en scène des thèmes profonds et idéologiques, des jeux d’expressions contradictoires, dans lesquels se mêlent réalité et improbable.

http://pydphoto.com/

Le Facebook de l’événement.

Visuels :

©Emilie Hallard, sans titre 2014

©Stephane Fedorowsky :  Brûlure d’antan, tirage photo argentique papier ilford format 30×40 plus cadre 51x61cm

©Eve Saint Remoin, La cène.

©Pierre-Yves Douzé, Monster

Infos pratiques

La Nacelle
La Panacée
Enora Le Goff

One thought on “Pandore(s), quand Toute La Culture expose au Carreau du Temple”

Commentaire(s)

  • Melissa

    Bravo!!

    avril 29, 2014 at 9 h 11 min

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