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« L’art de Vivre », l’art de la migration des symboles : une poétique de l’exil au Centre Culturel Canadien

« L’art de Vivre », l’art de la migration des symboles : une poétique de l’exil au Centre Culturel Canadien

30 mai 2022 | PAR Annabelle Ambler

Osez pousser la porte de l’Institut Culturel canadien ! En ce moment, l’exposition « The art of living » réunit trois artistes qui sans se connaître nous emmènent dans leurs mondes en suspension, nous interrogeant sur la communauté, l’immigration et la migration des symboles.

Ce n’est pas dans un ailleurs fantasmé auquel les trois artistes, dont la rencontre est inédite, nous invitent, mais dans la réalité de l’impalpable dualité de leurs chemins. Comment l’ancrage s’éprouve-t-il dans l’exil ? Où est-on chez soi quand on est d’ailleurs ?

Sont convoqués ici le quotidien et le domestique, les racines en mouvement, de l’offrande de l’eau aux voyageurs de Soheila Esfahani, aux cuillères traditionnelles suspendues de Xiaojing Yan, jusqu’aux aliments qui se décomposent et se transforment de Jude Abu Zaine.

Ces trois artistes partagent cette transcendance de l’essentiel. Les ponts se tissent, se nouent, les nouvelles racines s’inventent entre leurs cultures d’origine et le Canada. L’orient et l’occident dansent ensemble dans ce triptyque imaginé par la commissaire inspirée et engagée : Catherine Bédard.

Orientales et occidentales, Jude Abu Zaineh, Sheila Esfahani et Xiaohing Yan, sont immigrées de Palestine, d’Iran et de Chine.

L’art du déplacement

C’est l’art du déplacement et de la diaspora qui est ici interrogé, la dualité qui s’incarne dans le quotidien et dans une poétique finalement très politique. Une déesse filamenteuse rouge sang dialogue avec un escalier de cigales dorées, qui nous rappelle la fragilité même au cœur du Sacré et l’essentiel au sein du profane, avec la nourriture devenue kaléidoscope.

Les symboles culturels identitaires sont ici donc poétiques avant d’être politiques ce qui appuie pourtant leur puissance symbolique, comme quand la langue des vers de Rumi se dessine à la peinture blanche sur un plexis, ou dans cette vidéo d’un immense repas traditionnel que l’artiste se filme mangeant seule, ou encore dans cette expression transformée en enseigne lumineuse sur un néon, qu’on pourrait traduire par « Il était un lieu ». Qui suis-je quand je suis parti.e de là d’où je viens ?

Centre culturel Canadien

130 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris

Exposition : 13 mai — 21 octobre 2022

Du lundi au vendredi, 10:00 — 18:00 – Entrée libre

Visuel : ©

Xiaojing Yan – Song of the Cicada

Soheila Esfahani, Birds-Patterns disPlaced, detail

Jude Abu Zaineh – Kan Ya Makan

L’agenda de la semaine du 30 mai
« Les habitués du temps suspendu » promenade dans la mémoire par Rebecca Benhamou
Annabelle Ambler

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