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« L’art dans le jeu vidéo, l’inspiration Française » au Musée d’Art Ludique : pleins phares sur les coulisses des jeux vidéos

« L’art dans le jeu vidéo, l’inspiration Française » au Musée d’Art Ludique : pleins phares sur les coulisses des jeux vidéos

26 septembre 2015 | PAR Araso

La nouvelle exposition du Musée d’Art Ludique donne à voir plus de 800 œuvres d’artistes qui, de la première proposition créative à la réalisation, créent l’univers des jeux vidéo, tout en mettant l’accent sur la contribution des studios français.
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A travers un parcours immersif dans les coulisses du jeu vidéo, de la création des personnages à celui des décors, en passant par le schéma narratif, le visiteur découvre sculptures, tableaux de peinture digitale, tableaux video, dessins, aquarelle, croquis et interviews d’artistes qui ont créé les univers d’Assassin’s Creed (dont le dernier volet sort le 25 Octobre), Rayman, Les Lapins Crétins, Prince of Persia, Child of Light, (tous édités par Ubisoft), Remember me (DONTNOD Entertainment), Heavy Rain (Quantic dream). Afin de créer les « artworks » ou « concept arts » qui servent de base à l’univers du jeu, les artistes laissent libre cours à leur imagination, utilisant tantôt les techniques dites « traditionnelles » de dessin, peinture et sculpture à la main, tantôt des procédés intégralement digitaux. Parmi les artistes interviewés, il y a ceux qui pensent que le débat entre techniques traditionnelles et digitales est obsolète depuis des années, d’autres qui, au contraires, restent fidèles au dessin manuel. Une voie du milieu peut-être trouvée chez ceux qui utilisent les nouvelles technologies pour créer des artworks tout en continuant de cultiver une culture traditionnelle, d’aller au musée pour s’inspirer de peintres réalistes tels Sorolla ou plus largement de la peinture du XIXème siècle.

Les grands absents
Si l’exposition réussit son pari d’élever l’art du jeu vidéo au rang d’art contemporain à part entière –elle lui consacre notamment une « galerie des portraits », on peut regretter qu’elle n’aille pas au bout de son propos. En effet, si Jean-Jacques Launier, commissaire de l’exposition, la présente comme « la première grande exposition internationale consacrée aux artistes du jeu vidéo » la majorité des pièces présentes proviennent des studios d’Ubisoft, situés à Montpellier mais également à Montréal, Toronto, Montreuil en Chine…), l’inspiration française doit donc être entendue au sens large et fait regretter l’absence d’un parti pris résolument international, qui aurait pu étendre l’exposition aux grands éditeurs internationaux que sont Electronic Arts, Sony, Microsoft et bien entendu Nintendo, et offrir au visiteur une approche plus complète et diversifiée. Ainsi, les vrais « gamers » resteront-ils sans doute sur leur faim. On regrettera aussi la trop grande rareté de cartels explicatifs, l’exposition prenant davantage la forme d’une joyeuse accumulation de tableaux aux univers proches à s’y méprendre, qui peut perdre le quidam dans un dédale de panneaux lumineux. Enfin, grand absent de l’exposition pourtant partie prenante de l’atmosphère du jeu vidéo: l’univers sonore, qui n’est abordé qu’au travers d’une timide incursion de la sublime bande son de « Child of Life », composée par cœur de Pirate, dans la dernière salle. Demeure le caractère spectaculaire et poétique des œuvres proposées et les interviews d’artistes en actions, qui reste une denrée rare et précieuse.

L’exposition « L’Art dans le jeu vidéo, l’inspiration Française » est au Musée d’Art Ludique, 34 quai d’Austerlitz, jusqu’au 6 mars 2016

Texte : Araso
Visuels : Araso / Dishonored, Arkane Studios/ Far Cry 4, Ubisoft

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