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La Nuit Blanche de Toute La Culture

La Nuit Blanche de Toute La Culture

04 octobre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Pour sa quatorzième édition, la Nuit Blanche avait à ses commandes José-Manuel Gonçalvès, le patron du 104. L’homme qui a l’habitude de manier un lieu immense et en périphérie a su offrir un programme monumental, donnant accès à des territoires inconnus. Une très belle immersion.

Impossible de sérieusement s’embarquer sur tous les chemins. Trois parcours étaient proposés : Nord-Ouest, Nord-Est et Tangente. Entendez le nord de Paris. Nous avons fait le choix d’aller d’Aubervilliers au 104, puis de rejoindre le « off » du Marais.

La concentration d’oeuvre autour de la superbe gare Rosa Parks se plaçait dans les plus belles heures de la Nuit Blanche, temps rêvé où les tuileries s’enflammaient. En plein chantier, le tunnel est investit par Sinato, ARCHIEE et Izumi Okayasu.  Nous entrons dans des volutes bleues et roses, dégageant de la fumée, dans une disposition sonore enivrante. La sensation d’enveloppement est totale. On part encore plus au nord, quittant Paris à peine, happés par Extinction, l’oeuvre illumine le square Claude Bernard. Signée par Encore Heureux. Une centaine de gyrophares composent les lettres du mot qui vient dire l’urgence écologique.
Le fil conducteur de cette Nuit, guidé par la COP 21, s’est traduite pour les artistes par des œuvres violentes, nous confrontant à nous même et nos responsabilités. C’est la cas de l’installation là encore totalement immersive de James Keogh et Benoit Bories. Dans l’immense gymnase Curial, nous sommes Dans le souffle de la bête, l’ambiance sonore et visuelle fait défiler devant nous des images de ferme et d’abattoirs, dans une subtile pénombre. Envoûtant et magique.
Nous descendons jusqu’au 104 où nous retrouvons la foule, jusque-là absente. Il est évident que beaucoup n’ont pas saisis l’opportunité d’aller vraiment aux frontières . Au 104 on retrouve des œuvres exposées dans le cadre de « Follia Continua » qui célèbre les 25 ans de la Galleria Continua. Berlinde de Bruyckere, Anish Kapoor, AI Weiwei ou encore Subodh Gupta proposent des œuvres monumentales, à l’instar des roues de vélos empilées de Stacked, 2012.
Un petit saut de puce nous fait sortir par la bouche du métro Louis Blanc redessinée par le Nube Blanca de Urban Knitting. La sensation d’être des stars en montant les marches, photographiés par les passant collés à leur Iphone n’est pas désagréable. On est happés une nouvelle fois par la pluie signifiante de Julius Pop. On se marre en pensant qu’une Nuit Blanche écolo offre ici une oeuvre dont l’eau n’est pas récupérée. On rejoint le Marais. Il est déjà deux heures, nous marchons depuis 23 heures. La décéption est ici totale car plus rien n’est vraiement ouvert. On reste un peu sur notre faim face à l’installation par vraiment esthétique de Zhenchen Liu, légos en glace, fondant dans la nuit qui s’enfoncent, symbole du rechauffement climatique.

Mais, gardons en tête ces circulations hyponitiques et envivrantes. Les abbatoirs et la gare Rosa Parks ne nous quitterons pas.
Visuels : ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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