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Jean Fautrier au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, exposition d’une mise en lumière

Jean Fautrier au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, exposition d’une mise en lumière

30 janvier 2018 | PAR Diane Royer

L’exposition rétrospective « Jean Fautrier – Matière et lumière » se tient au Musée de la Ville de Paris du 26 janvier au 20 mai 2018. Conçue par le Kunstmuseum de Winterthur (Suisse), l’exposition est complétée, pour sa version française, d’œuvres provenant de collections publiques et privées françaises.

Présentant deux-cents travaux de divers médiums – peintures, sculptures, dessins, … – l’exposition souhaite faire découvrir l’œuvre incontournable d’un artiste majeur dont on ne retient souvent que la série des Otages. Aussi, le parcours de l’exposition retrace-t-il l’évolution de la production artistique du peintre, des premières toiles figuratives du début du vingtième siècle aux dernières peintures informelles des années 1960. Si les tableaux de jeunesse tendent vers un style académique, Fautrier conçoit rapidement une peinture qui lui est propre et qui ne cessera de s’affirmer comme telle. Peu à peu la figure posée sur la toile plane disparaît, noyée, dès la fin des années 1920, dans une facture plus empâtée, dans une peinture très en matière.

« Fautrier l’Enragé », comme le nomme le critique d’art Jean Paulhan en 1949, est le précurseur de l’art dit « informel ». À mi parcours de l’exposition, une projection vidéo propose une discussion entre Jean Paulhan et Jean Fautrier portant sur ce courant pictural. Ensemble ils définissent l’art informel en tant que mouvement artistique qui se détache de la figuration mais qui émane d’un sujet concret, de la réalité.

Intervenant au milieu de l’exposition, cette projection vidéo aurait pu faire l’objet d’un fil directeur. Il aurait été intéressant d’interroger à nouveau, aujourd’hui, la place de l’œuvre de Jean Fautrier et de l’art informel au sein de l’abstraction ou, au contraire, à mi-chemin entre la figuration et l’abstraction. L’exposition aurait également pu témoigner des questions plastiques relatives à la représentation de la réalité visible, à la querelle du réalisme.

Le parti pris est plus classique ; le parcours de l’exposition est chronologique présentant les différentes périodes successives de la carrière de l’artiste, de la période noire à la période grise, de la période marquée par la série des Otages à celle caractérisée par la série des Objets ...

Le Musée d’art moderne de la Ville de Paris désire affirmer, avec cette rétrospective, sa relation avec l’artiste, qu’il a exposé une première fois en 1964, puis une autre fois en 1989. Pareil à l’exposition consacrée à Bernard Buffet, « Jean Fautrier – Matière et lumière » rend hommage à ce grand artiste. Ainsi, le musée met-il en lumière ces artistes peu exposés. Il fait redécouvrir au public parisien l’œuvre de Jean Fautrier, imminent artiste du vingtième siècle.

Visuels :

Affiche de l’exposition

Jean FAUTRIER, Poires dans une vasque, 1938 Huile sur papier marouflé sur bois, 60 x 92 cm Collection particulière, Bruxelles, Courtesy Galerie Applicat-Prazan, Paris © Adagp, Paris, 2017

Jean FAUTRIER, L’encrier, 1948, Huile sur papier marouflé sur toile, 34 x 41 cm, Don René de Montaigu en 1990, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Crédit photographique : Eric Emo/Parisienne de Photographie © Adagp, Paris, 2017

 

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