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[Interview] Pedro Pauwels nous parle de MOUVEMENT (CAPTURÉ), 3ème biennale de la photographie de danse

[Interview] Pedro Pauwels nous parle de MOUVEMENT (CAPTURÉ), 3ème biennale de la photographie de danse

25 avril 2017 | PAR La Rédaction

 

Forte du succès rencontré lors des deux précédentes éditions, la compagnie Pedro Pauwels, organise la troisième édition de la biennale nationale de la photographie de danse du 26 au 28 mai. Trois jours dédiés à la photographie et à la danse afin de mettre en valeur la complémentarité de ces deux arts. Le chorégraphe Pedro Pauwels nous en détaille la programmation.

Comment vous est venue l’idée d’une telle biennale ?

L’idée m’est venue à la vue d’une photo de Jean-Gros Abadie prise sur une de mes pièces – Eclipse en 1995. Le cliché me montre volant dans les airs, accroché à une chaise. Je me suis extasié sur cette photo qui a su capturer, en plein vol, un mouvement. Je me suis demandé comment on peut saisir, photographier si précisément un tel geste ? À partir de là je me suis intéressé à la photographie de danse et très vite s’est imposée l’idée d’une biennale qui mettrait à l’honneur ce genre photographique. Je le souhaitais comme un temps d’échanges entre les photographes et les chorégraphes avec une forte participation du public pour le sensibiliser au maximum. Enfin il m’apparaissait important d’ancrer cet événement dans un territoire, en l’occurrence celui dans lequel je suis implanté : la Nouvelle-Aquitaine.

D’ailleurs la biennale quitte Limoges pour Brive-la-Gaillarde ?

Oui pour des raisons de budget dans un premier temps. Les engagements de la ville de Limoges qui a accueilli la biennale pour ses deux premières éditions ont été revus à la baisse. Il m’a fallu alors trouvé une solution alternative, mais j’ai toujours pensé le projet comme nomade. Un festival qui irait de ville en ville en Nouvelle-Aquitaine. J’aime l’idée de ne pas être attaché à une ville, que MOUVEMENT (CAPTURÉ) ait sa propre autonomie. Il s’agit d’un projet pensé par une compagnie qui aime aller à la rencontre du territoire et non pas par une municipalité. Je réfléchis à organiser deux éditions de la biennale dans une même ville puis ensuite l’implanter temporairement dans une autre commune.

D’ailleurs l’exposition principale est, elle aussi, amenée à voyager ?

Tout à fait : l’exposition 2015, rétrospective de l’oeuvre de Jean-Gros Abadie a pu être visible au CCN d’Orléans mais aussi à plusieurs reprises en Île-de-France. Il en sera de même avec Viril mais correct, un dialogue photographique à propos de la danse masculine qui proposera des photos d’Olivier Houeix et Nathalie Sternalski. L’exposition sera en septembre à l’OARA (Bordeaux) puis à Aurillac, à l’ECAM (Kremlin-Bicêtre) en partenariat avec La Briqueterie / CDC du Val-de-Marne du 1er janvier au 15 février et à Gradignan en mars 2018. Je suis aussi en pourparlers avec la ville de Toulouse pour novembre 2018. MOUVEMENT (CAPTURÉ) rayonne donc bien au-delà des trois jours de festivités corréziennes.

Viril mais correct propose une belle thématique autour de l’homme qui danse. Un thème qui vous tient à cœur ?

La première édition avait proposé une exposition intitulée Belles de danse à partir des clichés de Laurent Paillier. Nous avions donc mis à l’honneur les femmes, place désormais aux hommes. C’est une question de parité. Viril mais correct pose aussi des questions sur l’homme qui danse. Si le hip hop a su faire bouger les lignes, encore aujourd’hui danser pour un homme est souvent ramené à un tas de clichés tenaces. Il reste difficile d’exercer ce métier pour un homme car il renvoie à des images dépréciées dans la société. Sans compter que j’entends encore trop souvent : « mais ton vrai métier c’est quoi ? ».

Plusieurs tables rondes, une conférence sur Serge Lido. À Brive, on contemple de belles photos mais on en parle aussi …

À l’origine du projet, il y avait cette envie d’échanges, de dialogues, de discuter autour de questions d’actualités qui nous intéressent, nous chorégraphes et photographes. Lors de la première édition je connaissais peu le microcosme des photographes de danse. Il est rare que nous communiquions lors des générales où ils viennent shooter les créations. Encore aujourd’hui je connais peu les conditions de travail des photographes. Je les imagine relativement précaires. Ils sont au final assez nombreux sur le marché pour un nombre conséquent de pièces à couvrir. Mais à qui vendre son travail ?

Avec cette édition, le journaliste Philippe Verrièle et moi-même nous sommes dis qu’il était important également d’éduquer le public à l’histoire de la photographie de la danse. L’histoire de la photo est clairement méconnue, quant à celle de la photographie de danse n’en parlons pas.  Je pense même que bon nombre de photographes ignorent tout un pan de cette histoire. Revenir sur l’art de Serge Lido est une première étape…

Le mouvement ne sera pas que capturé. Il s’animera à l’occasion de nombreuses performances dansées dont celle de Muriel Corbel.

Muriel Corbel est effectivement une chorégraphe basée à Brive. Elle est de surcroît programmée dans le cadre du festival DanSe En Mai de la scène conventionnée de Brive-la-Gaillarde, partenaire de MOUVEMENT (CAPTURÉ). Elle jouera Invisibles rêveurs qui met en mouvement une centaine de danseurs amateurs. C’était l’occasion rêvée de solliciter des photographes amateurs pour shooter cette performance dans l’espace public puis exposer ensuite le résultat.

Et vous sentez de l’intérêt pour ce shooting ?

Oui plusieurs clubs de photos de la ville nous ont contactés. Nous avons fait de nombreux appels à participations par voie de presse et via le réseau des Treize Arches. Une trentaine de photos – parmi les plus pertinentes – seront exposées au Musée Labenche. La conservatrice a souhaité que nous les accrochions près des œuvres emblématiques du musée pour qu’un dialogue s’installe.

Propos recueillis par la rédaction

MOUVEMENT (CAPTURÉ), 3ème biennale nationale de la photographie de danse – Du 26 au 28 mai à Brive-la-Gaillarde.

Visuels  ©Olivier Houeix

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