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Dalida au Palais Galliera, une exposition déjà vue

Dalida au Palais Galliera, une exposition déjà vue

25 avril 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Quelle déception. Exposer Dalida, cela devait s’annoncer flamboyant et dramatique, comme la Mairie de Paris avait si bien su le faire en 2007 avec Dalida une vie. Ici, Dalida, une garde-robe de la ville à la scène se concentre dans un parcours chronologique plat à la surface des paillettes. 

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Cette exposition est le fait d’une donation, celle de Bruno Gigliotti, le frère de Dalida. Elle comporte 209 tenues et accessoires dont plusieurs sont mythiques. LA robe de velours rouge qu’elle porta deux fois, la première lors de son premier Bobino en 1958, la seconde en 1981 à l’Olympia, signée par Jean Dessès est l’incarnation du corps à la taille de guêpe de la belle italienne de naissance égyptienne.  Alors on avance de la jeune fille à l’icône, faisant attention d’accoler sans les mélanger ses pièces publiques et privées.

L’intérêt de l’exposition est de montrer, beaucoup trop simplement, comment Dalida était une passionnée de mode habillée par les plus grands : Balmain, Azzaro, Paco Rabanne… La sensation de retrouver une partie des robes exposées à la Mairie de Paris en 2007 sans la part biographique est désagréable. Les robes peuvent tourner, classées par thèmes, elles ne disent rien de celle qui voulait mourir sur scène. La tragédie est ici planquée derrière les podiums.

Alors bien sûr, les larmes montent devant les mythes, ils sont faits pour cela. La robe rouge d' »Il venait d’avoir 18 ans », la robe « Cléo », signée Loris Azzaro, en jersey synthétique « Ban-Lon » de Billion drapé rouge, semble évidemment chanter. Mais ici, il n’y a qu’un fantôme que ni les vidéos de ses passages télés, ni les extraits des films dans lesquels elle a joué ne peut chasser.  Dans ce choix scénographique, la garde robe est livrée brut.

Le propos devient alors trop simpliste. La garde-robe de Dalida témoigne de l’histoire de la mode des années 50 aux années 80 mais oublie la personnalité mélancolique et dépressive qui remplissait ces robes.

Hors, le musée Galliera sait faire des expositions de mode.  En ce moment même, il expose au Musée Bourdelle Balenciaga l’oeuvre en noir,  dans une scénographie grave qui témoigne bien de la part religieuse et culturelle qui traverse l’oeuvre du couturier.  Le commissariat de Sandrine Tinturier ne parvient pas à montrer le « vertigineux » chez la chanteuse qui s’est suicidée le 3 mai 1987 à Paris. 

 Visuels :

Garde-robe de Dalida. Jean Dessès (1904-1970). Robe. Velours de rouge profond, bustier intérieur en tulle de coton noir et baleine métalliques, fond de jupe en taffetas rouge vif doublé de crin, volants en tulle de nylon noir bordé d ‘un ruban de crin synthétique noir, fermeture à glissière métallique. 1958. Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris. Dimensions: L. : 91cm

Garde-robe de Dalida. Mine Barral Vergez. Tenue de scène. Cape, body bustier et nœud papillon. Crin de Nylon plissé et brodé de paillettes plastiques. Satin de fibres mélangées. Strass en cristal sertis dans des cabochons plastiques. Plumes d’autruche. Franges en bandes plastique irisée. Velours de viscose, 1980. Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.

Garde-robe de Dalida. Reinhard Luthier. Robe. Jersey de fibres synthétiques. Plaques en métal argenté façonnées et cousues, 1979. Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris. Dimensions: 150

Infos pratiques

Aubercail
Théâtre Saint-Georges – Paris
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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