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Haegue Yang, Nedko Solakov et Erik Dietman, trois artistes exilés jouent avec les temps et les couleurs à La Panacée

Haegue Yang, Nedko Solakov et Erik Dietman, trois artistes exilés jouent avec les temps et les couleurs à La Panacée

29 octobre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Quelques mois avant l’ouverture du MoCo – le Montpellier Contemporain qui regroupera : L’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier, Le Musée des Collections et la Panacée, cette dernière expose jusqu’au 13 janvier 3 artistes très différents mais tous exilés à Paris et tous en questionnement avec la matière de leur art: Haegue Yang, Nedko Solakov et Erik Dietman.

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La traversée chronotopique de l’influente artiste coréenne Haegue Yang commence par une immense frise chronologique qui met en parallèle les vies de deux déplacés du 20e siècle : Marguerite Duras et la compositeur coréen Isang Yun. L’envers de ce décor est encore plus subjectif : sons de la nature, papiers peints futuristes, sculptures et mobiles de plumes et de perles, le tout formé un univers post-futuriste cohérent où les oiseaux chantent quand les oignons ou les flammes embrasent les murs. Avec des oeuvres réalisées in situ pour la Panacée.

On a à peine laissé derrière soi les pépiements des oiseaux de Haeghe Yang que l’on tombe sur le travail narratif du peintre bulgare Nedko Solakov. Les 20 peintures de « paintings with no texts and stories on wall » ont en partie été créées pour La Panacée et in situ. De couleurs vives, de forme simples et souvent abstraite, avec des titres très précis entre parenthèses et des petits commentaires en lettres minuscules à même le mur, elles jouent le jeu du Fort/Da avec le récit.

Enfin La Verticale, (Millésimes 1962 à 2001) rassemble des œuvres créées de 1962 à 2001 par l’artiste franco-suédois Erik Dietman (1937-2002). Plurimédia, en marge et volontiers surréaliste l’artiste teste toutes les limites y compris celles de la gravité avec ses chaises à 3 pattes et un cactus (Remarks on window gardening no 6, 1966) ou son Pigeon installé sur un mont de fiente … en bronze (Au sommet après en avoir tant chié, 1992). Drôle, minutieux dans ses dessins (Project for a Park, 1963), impressionnant avec certaines immenses installations (Livre-Sterling, 1960-69 ou Leçons de choses,1962 et surtout 42 vues du Mont Angoisse, qui fait référence à Van Gogh et la Sainte-Victoire), l’artiste a mille visages révélateurs de son temps.

L’accrochage en deux salles dépasse le chronologique pour faire résonner les œuvres selon une scénographie pensée et élégante qui laisse beaucoup de liberté d’interprétation: si l’on veut, on peut être guidé par les médiateurs et un petit livret très précis mais l’espace nous laisse de la place pour interagir avec les œuvres. A noter : Cette rétrospective est accompagnée d’un catalogue qui rassemble l’ensemble des textes écrits par Nicolas Bourriaud sur l’artiste entre 1992 et 2001.

visuels : photos de l’exposition (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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