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Gérard Deschamps, Peinture sans peinture : une rétrospective d’envergure, au LAAC Dunkerque

Gérard Deschamps, Peinture sans peinture : une rétrospective d’envergure, au LAAC Dunkerque

15 octobre 2020 | PAR Geraldine Elbaz


Jusqu’au 7 mars 2021, le Lieu d’Art et Action Contemporaine (LAAC) de Dunkerque propose une exposition dédiée à l’œuvre de Gérard Deschamps, l’artiste autodidacte qui fait de la peinture sans les tubes, ni les pinceaux. 4 salles, 4 thématiques, une centaine d’œuvres de 1956 à nos jours et une créativité sans bornes.

« Je n’ai pas abandonné la peinture. J’ai constaté qu’elle n’était pas seulement dans les tubes. »

Membre majeur des nouveaux réalistes, Gérard Deschamps, né en 1937 à Lyon, s’intéresse dès la fin des années 1950 à l’art de la composition à partir d’étoffes, de tissus et de nouveaux matériaux, qu’il assemble, superpose, imbrique pour créer une œuvre colorée, hétéroclite et généreuse. En faisant resurgir les contradictions d’une époque entre les plaisirs de consommation et les ruines de la guerre, ses œuvres nous apparaissent comme le fruit d’une réflexion sur un monde en mutation permanente.

Pli et motif
Pli émotif

Dès le départ, l’artiste jette son dévolu sur le textile, qu’il va travailler à la peinture tout d’abord, mettant en exergue le relief de ses compositions, dans la nuance des plis et replis. Puis la peinture va disparaître et Gérard Deschamps va se concentrer sur la matière brute qu’il va agencer selon un ordre chromatique et thématique, lié aux événements marquants de sa vie. Ses créations sont des patchworks inventifs fixés sur des supports rigides.

Peaux de peinture : politique des corps

D’un amas de sous-vêtements féminins aux couleurs pastel, l’artiste compose et recherche une unité d’ensemble. Son travail fait scandale et sera censuré à plusieurs reprises.
Sa réflexion se poursuit avec des créations à partir d’objets du quotidien et de loisirs : l’accent est mis sur le banal, pour regarder le monde, le réel en face, puis douter.

Peintures d’histoire

Ce sont les matériaux de l’armée qui aideront l’artiste à s’exprimer sur son expérience traumatisante de la guerre, à son retour d’Algérie. En guise de catharsis, on retrouve des morceaux de tôle froissée aux reflets moirés, des bâches fluorescentes de l’armée, des canots de survie récupérés…

Nature mortes de la vie moderne

Des ballons, des skateboards, des espadrilles rose fluo sur un maillot de bain bariolé, des lunettes de soleil et un chapeau de toile Navy Club ou encore une série de « pneumostructures » monumentales et éphémères aux couleurs vives nous plongent dans un monde de loisirs et nous interpellent : quel message l’artiste souhaite faire passer ?
Outre l’aspect ludique, Deschamps dénonce la société de consommation des années 1990, avec un regard moqueur et distancié.

La vraie question de l’art est celle du regard porté sur le monde.

Et vous, quel regard porterez-vous sur le travail influent de Gérard Deschamps ?
Quel message retiendrez-vous de ces œuvres exposées jusqu’au 7 mars au LAAC, la nouvelle destination artistique incontournable de la région ?

Gérard Deschamps
Peinture sans peinture
Au Laac Dunkerque
Jusqu’au 7 mars 2021

 

Visuel : ©vue de l’exposition

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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