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Frédérick Gautier fond sa terre dans le geste de Niemeyer

Frédérick Gautier fond sa terre dans le geste de Niemeyer

03 mai 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Il y a trois ans, on découvrait le travail de l’artiste Frédérick Gautier, nom de scène FCK, à bord de la Péniche Le Corbusier, qui depuis, gît au fond de l’eau en attendant d’être repêchée. Aucun risque que son nouveau terrain de jeu ne coule tant le navire est architecturalement solide. C’est le siège du Parti Communiste Français qui est jusqu’au 13 mai ponctué du Tokonoma Project.

Depuis huit mois, il aura travaillé partout. Il aura fait cuire ses oeuvres dans le sous-sol garage et les aura fait sécher sur le toit terrasse. Aujourd’hui, tout est prêt. Sur l’iconique moquette verte sont posées des tables sur lesquelles ont voit des vagues. Mais des vagues qui n’ont rien de bleu.

Une nouvelle fois en partenariat avec l’Atelier Jespers, cette Itinérance, la cinquième, offre un aspect performatif au plus classique des arts.  Alors, si vous avez l’occasion de voler au dessus du PCF vous verrez que Niemeyer a dessiné une courbe et c’est cette courbe que l’on retrouve partout que le céramiste a voulu reproduire. Cette exposition n’est pas juste hors les murs du centre d’art bruxellois, elle est surtout In situ. La force du travail de FCK est de créer à chaque fois sur place, en immersion.

La ligne reste brutale ici, mais comme il nous le dit « Niemeyer est moins brutaliste que Le Corbusier », alors quand il s’inspire de la table Mandela pour faire une cafetière et une théière les angles prennent de la rondeur, comme le dôme du PCF.

Oui, théières, cafetières. Mais aussi tasses à cafés et assiettes.  Ces oeuvres-là sont utiles et amènent de l’architecture dans le design.  Ici, la mise en scène fonctionne à merveille tant l’espace immense sert d’écrin aux sombres créations. Il faut prendre le temps de s’asseoir dans LA salle du conseil où un film à la musique composée par Dominique Dalgan rappelle les quatre autres Itinérances, notamment à Pantin où des bites d’amarrage sont devenues des oeuvres d’art, mais aussi à la Péniche Le Corbusier, dans les rues Bauhaus de Tel Aviv et sur la rivière Los Angeles.

180 pièces sont exposées et à la vente ici. 180 et autant qui ont disparu, car inégales ou brisées par le four. Le travail est ici manuel, dans une approche terrienne fondatrice. Le béton et la céramique deviennent sœurs, au service du quotidien, et la rondeur ici reste très alignée, dans des pièces qui prouvent que le lourd sait être léger.

Jusqu’au 13 mai au PCF, 2, place du Colonel-Fabien,

Visuel : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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