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Festival de la céramique d’Anduze : panel hétéroclite de créations en terre cuite

Festival de la céramique d’Anduze : panel hétéroclite de créations en terre cuite

12 septembre 2022 | PAR La Rédaction

Du 13 au 15 août, le parc des Cordeliers accueille la dix-huitième édition du festival de la céramique d’Anduze, organisé par l’association Planète Terre. Occupées par une cinquantaine de céramistes, les allées luxuriantes du parc, accueillent le temps d’un weekend, des créations aux techniques et univers composites.

Par Yona Michel, lauréate de Plume de Festival

À l’occasion de cette nouvelle édition, Planète Terre entend poursuivre ses engagements, tels que la participation à la sauvegarde de patrimoines culturels, la transmission du savoir-faire, ou encore la valorisation des jeunes céramistes. Promesses que l’association met en exergue dans la programmation de sa dix-huitième « grande fête de la Terre ».

Marché, exposition, ateliers participatifs, concours de tournage et en guise de clôture, une cuisson géante dans un four sculpté à l’occasion, à partir de terre et de 800 bouteilles en verre. Arts de la table, décorations, bijoux, mobiliers d’intérieur ou œuvres d’art, chaque céramiste modèle la terre au grès de son inspiration et selon une technique de façonnage, pour créer des pièces uniques. Des univers variés se côtoient ainsi au pied des arbres du parc des Cordeliers, au cœur de la ville occitane d’Andusa, dans une ambiance de quiétude estivale.

Alors qu’au stand 16, la céramiste Edwige Tarchi proposent des bijoux aux formes géométriques et teintes colorées, l’exposante voisine, venue d’Argelès-Bagnères, utilise l’ancestral technique du colombin, pour façonner des pièces uniques, aux vocations multiples. Consistant à créer des boudins de terre qui sont aplatis puis affinés, Sarah Lebot Toledo préfère cette technique à celle du tour, lui permettant de façonner à son rythme. Si ces créations conservent la teinte originelle d’une terre à la couleur sablonneuse, elles s’agrémentent d’émaux azuréens, mats ou brillants, inspirés des décors polynésiens de son enfance. Alors que chacune de ses pièces possèdent sa particularité, elles font néanmoins partie d’un tout cohérent, où unicité et dissemblance s’entremêlent.

Non loin de là, une autre céramiste façonne elle aussi, à la main. Vases ou bougeoirs, Anja Marschal (voir photo 1) s’inspire de l’esthétique Art nouveau pour modeler des pièces aux formes organiques, auxquelles s’ajoute une couche de porcelaine, permettant d’obtenir une couleur plus éclatante. Originaire d’Allemagne, Anja a suivi des études dans le design de produit, avant de s’éloigner de la production industrielle de pièces utilitaires, pour se diriger vers la sculpture de pièces uniques, aux formes moins strictes. Installée en France depuis deux ans, la céramiste vit à Bouvières où elle cultive un potager, lui permettant de récolter denrées et inspiration.

Mais émaux et peintures ne sont pas les seules décorations que l’on rencontre sur le marché du festival, la céramique peut aussi être un support pour l’art de former les caractères d’écriture, la calligraphie. Hélène Raynal, céramiste passionnée par la calligraphie libre, a mis cinq années afin de maîtriser et parfaire cet art, qu’elle exprime sur des tasses et sphères en faïence, créées par ses soins, à Saint-Quentin-la-Poterie.

Telle une feuille de parchemin, ces faïences possèdent un aspect blanc, mat et satiné, obtenu grâce au processus d’émaillage et de tressaillage. Le trait guidé par un geste spontané, Hélène écrit un mouvement abstrait, offrant un dessin, dont elle-même ne souhaite donner l’interprétation, préférant que chacun y trouve celle qui lui convient.

Artistiques ou utilitaires, les pièces de céramique peuvent revêtir de nombreuses autres fonctions et s’inscrire au cœur même, d’une démarche environnementale. Nées entre les mains d’Alix Favre, les briques Lalile (voir photo 2) en sont l’illustre exemple.

Si leur taille convient idéalement aux rangements des portes de frigo, c’est parce qu’elles peuvent contenir de nombreux liquides, tels que l’eau, le lait ou encore les jus de fruit. Fabriquées à partir de grès, les briques Lalile s’inscrivent dans une démarche durable. Lavables, réchauffables au micro-ondes ou au four jusqu’à 100°C, en somme, réutilisables à l’infini. Toutes uniques, la famille de briques en compte aujourd’hui près de 300. Prochain objectif pour la céramiste installée à Lyon, le millier, à découvrir qui sait, lors de la prochaine édition du festival de la céramique d’Anduze.

 

Visuels :Table d’exposition des créations en céramique d’Anja Marschal (photo 1)

Présentoir des briques Lalile de la céramiste Alix Favre (photo 2)

©Yona Michel

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