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Exposition Colita à Nîmes

Exposition Colita à Nîmes

17 janvier 2022 | PAR Nicolas Villodre

Dans le cadre de la 32e édition du festival flamenco de Nîmes, le Carré d’art présente jusqu’au 23 janvier 2022 une belle exposition consacrée à la doyenne de la photographie catalane, Colita. 

Le Flamenco capturé

Isabel Steva Hernández, dite “Colita”, née à Barcelone en 1940 est mise à l’honneur par le commissaire d’exposition Francesc Polop, qui a choisi vingt-cinq de ses images les plus représentatives prises entre 1962 et 1984 illustrant toutes, d’une manière ou d’une autre, le thème du flamenco. Celles-ci sont en noir et blanc, analogiques, en tirages argentiques des années 80 ou plus récents, des tirages « artistiques », sur supports vernis, satinés, en « baryté giclée ». La plupart se présentent en « portrait », comme il se doit, s’agissant de personnalités généralement en gros plan, quelques-unes en « paysage ».

Parmi les artistes fixés par les sels d’argent, figurent le chanteur Chocolate, tout jeune, aussi photogénique qu’un Elvis Presley, le chanteur à la voix suave, Enrique Morente, de profil, le géant de la guitare, Sabicas, les bailaores extrêmement élégants qu’étaient Vicente Escudero, le réformateur de la danse masculine et Antonio Gades, tous deux côte à côte dans une rue de Barcelone, peu de temps après leur participation au film de Mario Camus, Con el viento solano (1966), Cristina Hoyos prise de dos, La Chunga, bailaora qui se produisait comme la chanteuse Sandie Shaw et… Isadora Duncan : pieds nus.

Le Voyage sans fin

Plusieurs photos représentent la danseuse Carmen Amaya, lors du tournage en 1962 du film musical Los Tarantos (1963) de Francisco Rovira Beleta, version gitane de Roméo et Juliette. Film auquel contribua Colita comme photographe de plateau, ce qui l’initia à la chose flamenca et que la danseuse (et aussi chanteuse) rongée par le cancer ne put voir terminé. Des célébrités, donc, mais également des inconnus. Parmi eux, nous touche le portrait d’une gitane d’un âge incertain, la tête légèrement penchée, le visage émacié, les lèvres pincées, le regard désolé, tenant dérisoirement contre son ventre un poupon embryonnaire et dévêtu… 

L’un des ouvrages de référence pour ce qui est de l’art andalou est Luces y sombras del flamenco (1975) de José Manuel Caballero Bonald, qui fut précisément illustré par Colita et qui a été réédité depuis sa date de sortie. Malheureusement, la qualité de l’impression et celle du papier, proche du buvard, ne valorisent pas assez, selon nous, la finesse des photographies qui ont été accrochées aux cimaises du rez-de-chaussée du Carré d’art. Le catalogue de l’exposition plus récente (de 2017) de la photographe à Grenade porte le titre simple et admirable : Flamenco, El Viaje sin fin.

Visuel : Gitane à la poupée, Montjuic © Colita, 1962. Remerciements au festival de flamenco de Nîmes. 

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Nicolas Villodre

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