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[expo] « Divines joailleries-L’art de Joseph Chaumet » au musée d’art sacré du Hieron

[expo] « Divines joailleries-L’art de Joseph Chaumet » au musée d’art sacré du Hieron

17 juin 2014 | PAR Sandra Bernard

Le musée d’art sacré du Hiéron, édifié à la fin du XIXe siècle dans la ville de Parlay-le-Monial, propose cette année une exposition consacrée à la production religieuse de la prestigieuse maison Chaumet. Rarement évoqués, ce sont plusieurs dizaines d’œuvres et de documents qui sont exceptionnellement réunis pour cette exposition.

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Joseph Chaumet (1852-1928), homme très pieux et très croyant, s’est investi dans la défense de la foi catholique face aux grands bouleversements législatifs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, notamment la loi Combes. Il crée alors trois œuvres d’orfèvrerie religieuses spectaculaires : La Via Vitae, le Christus vincit et la France Catholique entre les années 1894 et 1904. La Via Vitae  (chemin de vie) et le Christus Vincit (Le Christ Invaincu) sont ici exceptionnellement réunis pour la première fois depuis plusieurs décennies.

La Via Vitae est une oeuvre monumentale, inclassable et spectaculaire à plus d’un titre. Imaginez, trois tonnes de marbre, d’onyx, d’or, d’ivoire, de laiton et de pierres précieuses composant une multitude de petites représentations illustrant la vie du Christ. La surprise est plus grande encore lorsque l’on voit cette structure haute de trois mètres pour une largeur de trois mètres également placée sur un plateau tournant, renforçant l’aspect théâtral et dévoilant des scènes jusqu’alors connues de seuls quelques privilégiés. Ces saynètes, rarement montrées illustrent le point de vue de Joseph Chaumet sur les autres religions. Ici il n’est pas question, comme pour Emile Guimet d’une ouverture sur les autres religions et cultures mais au contraire d’une critique : le Bouddhisme passif, Hindouisme idolâtre et Islam militant. Initialement destinée au trésor du Sacré-Cœur de Montmartre, la famille Chaumet l’a récupérée en 1958. Elle est classée trésor national en 2000, ce qui permet au musée du Hieron, grâce au soutien des autorités locales, régionales et de mécènes de l’acquérir. L’oeuvre a alors fait l’objet d’une grande campagne d’étude et de restauration.

Le Christus Vincit et une de ses copies autographes se trouvent dans la salle toute proche. Il s’agit de grandes pièces d’orfèvrerie dans la plénitude du terme, reprenant la philosophie médiévale que rien n’est trop beau pour Dieu. L’on y retrouve des thèmes chers à l’artiste comme la crucifixion, la représentation des apôtres, saint Michel, etc. Cette oeuvre a reçu de multiples prix, dont l’un à l’exposition universelle de 1900.

Ces deux œuvres ont pour particularité de montrer le grand savoir faire des ateliers de la maison en matière de taille et d’assemblage de matériaux si différents , dont on ne distingue ni les jointures ni les fixations.

Certains motifs ont été décliné en petites séries de marbre. L’on dénombre ainsi une petite centaine de Christ au mont des oliviers reprenant la composition de la Via Vitae ou encore de petites crucifixions. Ces petites œuvres étaient prisées pour faire des présents.

Les salles suivantes présentent, entre autre, deux ensembles de Couronnes pour des statues de la Vierge et de l’Enfant de la paroisse de Hyères, datant de 1909 et du Sanctuaire de Montligeon datant des années 1933 à 1935. Cette dernière, de style art déco, est d’une taille impressionnante et d’un style massif tranchant avec les autres œuvres présentées. Non seulement sa création est postérieure à la mort de Joseph Chaumet, mais il semble que la maison de joaillerie ait reçu des instructions précises. Elle est accompagnée d’étonnantes photographies colorisées à l’aquarelle destinées au commanditaire. Un anneau épiscopal et une porte de tabernacle ouvragée complètent la partie orfèvrerie de l’exposition. Ces objets d’art sont confrontés à des photographies sur verre, des dessins préparatoires, des cartes postales sur lesquelles veille un buste en marbre et un portrait au pastel de Joseph Chaumet.

Côté scénographie, l’exposition temporaire prend place au sein des collections permanentes. Les œuvres sont mises en valeur dans de grandes vitrines centrales avec des cartels lilas de la même couleur que les fonds de vitrine. La médiation, assez réduite, peut être complétée par un joli petit livret disponible à l’entrée du musée pour 3€

Petite mais dense, cette exposition est l’occasion de découvrir ou redécouvrir la Via Vitae dans sa nouvelle scénographie, mais également de la replacer dans son contexte de création grâce à d’autres pièces contemporaines, dont certaines n’ont jamais été exposées au public, et de la documentation variée.

Vous pouvez profiter de votre passage dans la ville pour visiter de nombreux édifices religieux, dont une basilique romane de type clunisienne datant de la fin du XIe siècle et du début du XIIe siècle, une chapelle néo-byzantine datant des années 1930, etc.

Informations pratiques :Divines joailleries, l’art de Joseph Chaumet ( 1852-1928), Musée du Hiéron, 13, rue de la Paix 71600 Paray-le-Monial. Tel : 03.85.81.79.72 Fax : 03.85.88.83.07, Plein tarif : 4€
Tarif réduit : 3 € (groupes de plus de 5 personnes, étudiants, familles nombreuses, séniors), Nouveau tarif famille : 4 € pour toute la famille! Gratuit pour les moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi, les enseignants, les allocataires des minima sociaux.

Visuels : © Sandra BERNARD

Joseph Chaumet, Via Vitæ, 1894-1904, marbre, albâtre, onyx, or, ivoire, argent doré, rubis et diamants, 270 x 300 x 300 cm © Laurent Chaintreuil

Joseph Chaumet, Via Vitæ (face dorsale), 1894-1904, marbre, albâtre, onyx, or, ivoire, argent doré, rubis et diamants, 270 x 300 x 300 cm © Laurent Chaintreuil


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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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