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« Dominique Gonzalez-Foerster 1887-2058 » : méta-rétrospective à Beaubourg

« Dominique Gonzalez-Foerster 1887-2058 » : méta-rétrospective à Beaubourg

22 septembre 2015 | PAR Géraldine Bretault

Après une série d’expositions dédiées à des artistes majeurs du XXe siècle (Duchamp, Corbusier, Cartier-Bresson…), un vent de fraîcheur semble souffler sur le Centre Georges Pompidou, qui célèbre coup sur coup deux femmes, artistes bien vivantes. Tandis que Mona Hatoum s’expose au 6e étage, voici une exposition « prospective et rétrospective » sur l’art de Dominique Gonzalez-Foerster dans la galerie Sud au niveau 1.

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Attachez vos ceintures et… embarquez depuis votre chambre, à la découverte de l’univers insolite et profondément singulier de Dominique Gonzalez-Foerster. La chambre est en effet un des lieux d’élection de l’artiste, sans cesse revisité, tant c’est entre ces murs que nous refondons notre identité nuit après nuit, un lieu où nous pouvons lire, rêver, imaginer, contempler. Vous visiterez ainsi plusieurs chambres au cours de votre parcours, dans l’espace méconnaissable de la galerie Sud : la commissaire Emma Lavigne le disait elle-même lors du vernissage, parmi les nombreuses propositions d’artistes destinées à cette galerie, aucune n’était parvenue à démultiplier l’espace autant que le parcours labyrinthique proposé par l’artiste.

Oscillant entre couloirs étroits où l’on entend crépiter une pluie tropicale, et grands espaces propices à des installations vidéos ou des reconstitutions de scènes du passé, l’enchaînement de salles dévoile peu à peu la richesse des dispositifs imaginés par l’artiste. Le Centre Pompidou a pour elle une signification particulière : en guise de préambule à l’exposition, elle reconstitue son souvenir de l’exposition inaugurale du centre, autour de Duchamp, en 1977. Elle avait 12 ans à peine et déjà, s’émerveillait de la liberté que semblait offrir ce lieu, et ce qu’on y pratiquait, « l’art contemporain ».

Certes, Dominique Gonzalez-Foerster n’est plus nouvelle dans le sérail, beaucoup connaissent le trio enjoué qu’elle a volontiers constitué avec Philippe Parreno et Pierre Huyghe dans les années quatre-vingt-dix, notamment autour du personnage de manga Ang Lee, qu’ils avaient racheté pour mieux le réinvestir.

Mais c’est toute la dimension littéraire et la puissance fictionnelle de l’œuvre qui sont à (re-)découvrir ici, ainsi que sa communauté d’esprit avec autant de créateurs au sens large, vivants ou morts, dont les oeuvres ont pu marquer l’humanité comme l’identité personnelle de l’artiste, depuis 1887 et jusqu’à une date fictive de 2058 : d’Oscar Niemeyer, architecte de Brazilia, à l’écrivain colombien Roberto Bolaño, en passant par Fitzcarraldo ou encore Shakespeare et son Othello, qui a donné lieu à l’opéra éponyme de Verdi.

L’exposition n’exclut d’ailleurs pas la performance, que l’artiste a régulièrement pratiquée. Une chambre vous attend pour des « séances biographiques à horaires aléatoires » : n’avez-vous jamais eu envie d’explorer un possible non vécu de votre propre vie ? Laissez-vous guider…

En complément à votre visite, 3 projets satellites complètent la proposition de l’artiste :

Terrasse Sud, « Sans titre (jardin Bo Bardi) » du 18 octobre au 2 novembre 2015.
Terrasse Nord, « Dublinesca » du 23 septembre 2015 au 1er février 2016.
Atelier Brancusi, « Sans titre (jardin Brancusi) » du 23 septembre 2015 au 1er février 2016

Visuels @ Dominique Gonzalez-Foerster © Adagp, Paris 2015

 

Infos pratiques

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Théâtre du Palais Royal
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