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Aristide Maillol : sa quête d’harmonie est exposée au Musée d’Orsay

Aristide Maillol : sa quête d’harmonie est exposée au Musée d’Orsay

19 avril 2022 | PAR Jean-Marie Chamouard

 

Le Musée d’Orsay, à Paris, organise du 12-04 au 21-08-2022 une exposition consacrée à Aristide Maillol (1861-1944). Elle offre un large panorama sur l’œuvre de cet artiste catalan qui fut peintre, décorateur, sculpteur.

Une recherche esthétique

« Il faut remonter bien loin en arrière pour trouver une aussi complète négligence de toute préoccupation étrangère à la simple manifestation de la beauté ». Ainsi s’exprimait André Gide en contemplant « Méditerranée », la sculpture phare de Maillol. De son vivant il fut un artiste célèbre mais depuis l’hommage du Musée national d’art moderne pour le centenaire de sa naissance en 1961, il n’y a pas eu d’exposition temporaire à Paris consacrée à Maillol. La recherche de l’harmonie, de la perfection des formes sera sa préoccupation constante, en particulier pour représenter les corps féminins. Ses sculptures ont été considérées par certains historiens de l’art comme un retour au classicisme. Mais en récusant l’académisme du 19ème siècle, en se libérant du contenu mythique ou religieux il se concentre sur la forme, sur la beauté pure. Ces statues sont « silencieuses ». Cette rupture avec la tradition narrative de la représentation ouvre la voie à l’abstraction, au cubisme, au minimalisme.

De la peinture à la sculpture

Le peintre d’abord. Aristide Maillol arrive à Paris en 1882 et commence une carrière de peintre. L’exposition débute par l’auto portrait de l’artiste (1884), inspiré de Courbet. On pense aussi à Seurat en admirant « La couronne de fleurs », les portraits de jeunes filles aux chapeaux. Les chapeaux sont extravagants, les couleurs pastel, d’une grande douceur. Une beauté paisible, une grande harmonie, déjà, se dégagent du tableau « La femme à l’ombrelle » avec sa grande robe rose, le chapeau, la mer, la plage. Maillol fut aussi un décorateur et trois broderies sont exposées dont « Le concert de femmes ». On y retrouve une atmosphère sereine, délicieuse. A partir de 1895 Maillol va se consacrer à la sculpture et les premières sont en bois, de petites tailles, rappelant la statuaire grecque. Le corps féminin sera son sujet d’inspiration, en particulier celui de la femme méditerranéenne, avec sa robustesse, ses jambes solides, ses formes développées. « La femme à la vague », sa meilleure peinture selon Maillol, sera représentée par un tableau, une broderie et une sculpture.

De grandioses sculptures

Le visiteur pénètre dans une grande salle, où sont exposées les principales sculptures de Maillol. Une salle impressionnante, inoubliable. A l’entrée, Méditerranée (1905). Beauté, perfection de la forme, c’est un chef d’œuvre absolu. La femme assise parait pensive, un peu égarée, accablée peut être. Au centre de la pièce des bronzes, les corps sont lourds, pesants. Le bronze dénommé Flore s’en distingue par sa silhouette fière, élancée, par l’élégance de son drapé. Les œuvres sont monumentales. La statue « Air »parait suspendue, alliant force et légèreté. Pour « La rivière », la posture est impressionnante, douloureuse, angoissante. « La femme de la nuit » est accroupie, ensommeillée ou préoccupée. Maillol a choisi une allégorie féminine gigantesque pour le monument à Cézanne, émouvante pour celui de Debussy.
Cette superbe exposition permet de bien comprendre l’œuvre d’Aristide Maillol. Sa vie privée est aussi évoquée par des textes sur sa compagne Clothilde Narcis et sur sa dernière muse Diana Verny. Le tableau d’Edouard Vuillard nous montre son atelier dans sa métairie à Banyuls. André Gide a parlé d’une œuvre silencieuse à propos de Méditerranée. Maillol s’est écarté de la narration pour se concentrer sur la beauté de la forme mais ces sculptures ne sont pas seulement belles et grandioses. Elles sont aussi émouvantes comme si le visiteur entrait en communication avec leurs pensées silencieuses.

Visuel : JMC

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Jean-Marie Chamouard

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