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Afriques, religions de l’extase : une superbe initiation au MEG [Genève]

Afriques, religions de l’extase : une superbe initiation au MEG [Genève]

03 décembre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 6 janvier 2019, le Musée d’ethnographie de Genève propose une initiation superbe aux religions d’Afrique, qu’elles soient vaudoues, animistes ou monothéistes. Une initiation thématique et très esthétique à suivre les yeux grands ouverts.
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Dès l’entrée nous sommes accueillis par un diptyque de photos de Fabrice Monteiro où une femme noire prend la position d’un Christ byzantin avec un livre et des tables sacrées dans les mains. L’art en général et des photographies superbes, volontiers pris par des photographes suisses, sont notre sésame pour entrer dans cette exposition riche et importante où la diversité des croyances des Africains sont présentes. On nous parle des Africains d’Afrique mais aussi de Suisse et d’Europe comme les érythréens orthodoxes ou les kimbanguistes charismatiques de Genève, avec des photos de Christian Lutz.

Le parcours est résolument thématique et commence par les monothéismes, mais plutôt dans leur aspect spirituel et mystique : le christianisme est byzantin ou évangélique (avec un quadrillage du territoire par des églises en Zambie par exemple et un montage photo azuréen par Jonathan Watts), l’Islam volontiers soufi et le judaïsme est présent, non seulement en Éthiopie mais à travers toute une série de groupes qui s’annoncent ou se découvrent juifs.

La deuxième partie de l’exposition se concentre sur le rapport aux morts et l’on nous fait passer dans une caverne, avec toute une série d’instruments funéraires et divinatoires (interrogation des esprits) expliqués et mis en scène.

Ensuite, c’est le moment de la transe, avec une vidéo imposante de Théo Eshetu sur le sacrifice de l’Aid ou des clichés magnifiques en noir et blanc de Jean-Pierre Grandjean sur des rites de passage en Haïti.

Une vidéo sur la danse et le mouvement nous permet presque nous mêmes d’entrer en transe, avant que l’on termine avec une section plus systématique et quotidienne sur les enchevêtrements de forces qui habitent le magico-religieux. Les cycles, les initiations, les objets (amulettes, masques…) se multiplient, toujours parfaitement remis dans le contexte culturel où ils interviennent.

Et l’on termine cette exposition comme il faut -extatiques-sur une installation de Théo Eshtu qui nous fait réfléchir à la diversité des croyances et des états de grâce.

Magnifiquement scénographiée, jamais dans le jugement ou la simplification, cette exposition exigeante est tellement belle qu’elle est superbement facile à appréhender. Il faut y aller et même en famille.
Visuels : Photos de l’exposition (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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