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A la Maison des Arts de Créteil, manifestation contre la Jeune Compagnie Batsheva

A la Maison des Arts de Créteil, manifestation contre la Jeune Compagnie Batsheva

03 décembre 2018 | PAR Raphaël de Gubernatis


A chaque apparition en France de l’emblématique compagnie de danse israélienne Batsheva, il se trouve toujours des enragés pour appeler au boycott de ses spectacles ou à celui des théâtres qui la programment. Ou pour conspuer les danseurs, comme l’autre soir à la Maison des Art de Créteil avec le Jeune Ensemble de la Batsheva, quand une demi-douzaine d’excités a tenté de ruiner la soirée.

Les imbéciles ! Dès que la Batsheva paraît, ils enfourchent leur rage, se drapent dans leur bonne conscience, lancent des appels au boycott ou viennent manifester dans les salles de spectacle En conspuant les danseurs, de très jeunes gens venus d’horizons, de pays très divers constituant le Jeune Ensemble de la Batsheva,, comme l’autre soir à la Maison des Arts de Créteil , en prétendant servir une cause effectivement honorable et protester contre la politique de l’Etat d’Israël vis à vis de la Palestine, les militants pro-palestiniens français se trompent systématiquement de cible avec un aveuglement qui laisse pantois et une hargne mal dirigée qui en dit long sur leur absence de réflexion. Sans s’être jamais apparemment donné la peine de s’informer et d’apprendre qu’en Israël 90% des artistes de ce pays sont opposés à la politique de colonisation des territoires palestiniens que mène le gouvernement de Netanyahou. Sans considérer que ces artistes israéliens ne peuvent en aucun cas être considérés comme complices d’une politique qu’on leur impose.

En Israël, l’immense majorité du monde culturel est hostile à la politique du gouvernement

Appeler au boycott des artistes israéliens, c’est un peu comme si naguère on avait décidé de boycotter les acteurs de l’avant-garde américaine au temps de la Guerre du Viet Nam, alors qu’ils étaient eux-mêmes en première ligne pour manifester contre la politique de Washington en Asie du sud-est. Ou comme si l’on avait mis à l’index les artistes réfugiés en France au temps du nazisme, sous prétexte qu’ils étaient allemands.
En Israël, l’immense majorité du monde culturel est profondément hostile aux manœuvres de Benjamin Netanyahou, aux colonies juives qui gangrènent la Cisjordanie, à la politique qui frappe la communauté arabe quand elle est injuste, comme elle est favorable à la coexistence de deux états. Et c’est bien évidemment à Tel Aviv, capitale artistique du pays, que l’opposition est la plus soutenue contre la politique du Likoud et de ses alliés extrémistes

En outre les artistes, en qui les ultras voient quasiment des traîtres, les artistes sont en butte à une ministre de la culture issue de la droite dure et qui semblent les détester, qui les menace s’ils ne s’alignent pas sur la ligne gouvernementale ou les prive de leurs modestes subventions quand ils refusent d’aller se produire dans les colonies. Faut-il donc, lorsqu’ ils partent en tournée à l’étranger, que les artistes israéliens se heurtent à ces idiots utiles qui méconnaissent absolument leur situation et leur position politique, qui parfois les menacent, les insultent et leur font subir en France quelque chose qui ressemble à une double peine ?

Raphaël de Gubernatis

Photo : © Gadi Gadon

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Raphaël de Gubernatis

Une réflexion sur « A la Maison des Arts de Créteil, manifestation contre la Jeune Compagnie Batsheva »

Commentaire(s)

  • Marouen

    Test de commentaire

    décembre 6, 2018 at 13 h 44 min

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