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A Roubaix, le point de croix se métamorphose en arme de résistance

A Roubaix, le point de croix se métamorphose en arme de résistance

09 février 2020 | PAR La Rédaction

 

Broderie au crochet, motifs au point de croix, chausson, arrière : c’est dans le cadre industriel de la manufacture, le musée consacré à l’épopée du textile, que se tient en ce moment, l’exposition Broderie Point de départ. Dirigé par la commissaire Lada Neoberdina, cet événement rassemble 26 artistes qui de fil en aiguille ont su transformer l’espace domestique en espace poétique. Véritable coup de fouet pour cette discipline apaisante, l’expo est à ne surtout pas manquer !

Par Léa Bouchoucha

Exigence technique et pluralité des approches

Au détour des rues roubaisiennes, dans l’ancienne capitale du textile, la jeune artiste diplômée de l’École Supérieure des Beaux-arts dépoussière et métamorphose cet art populaire et délicieusement kitsch qui a longtemps et trop souvent été perçu comme un loisir sage, un art dit « mineur », relégué à la sphère domestique.

Broderie murale, GIF brodé, court-métrage, projection en vidéo mapping, performances : les univers esthétiques sont singuliers et jouent avec les supports, les sens et les conventions. Plus qu’une simple collaboration, la conception de l’exposition souhaite être intime et libre.

Coup de cœur particulier pour la série de suzanis contemporains dont les carrés de tissu sont brodés à la main par des femmes afghanes de l’association Guldusi.

Une exposition résolument moderne et engagée

« La broderie est vraiment un point d’émancipation en tant qu’artiste, en tant qu’artiste femme » confie l’artiste pluridisciplinaire née en Russie qui souhaite faire de la broderie différemment. « Pour moi, l’art, c’est autre une manière d’aborder, de manière moins frontale, les questions de genre et de violence, » poursuit Lada qui s’est inspirée d’artistes féministes américaines des années 70 comme Judy Chicago. Plus que revisiter l’art de la broderie, l’expo souhaite porter une véritable réflexion sur l’art, le genre et le féminin. Car, « the personal is political » conclut l’artiste adepte de l’exploration du tissu urbain.

Du 2 février au 29 mars 2020. La Manufacture, 29 avenue Julien-Lagache à Roubaix. Tél: 03 20 20 98 92., Tarif plein : 6 €

 

Visuel : Lada Neoberdina – ©Roques Quentin

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La Rédaction

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