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[Londres, Derniers jours] A la découverte de l’artiste indien Bhupen Khakhar à la Tate Modern

[Londres, Derniers jours] A la découverte de l’artiste indien Bhupen Khakhar à la Tate Modern

05 octobre 2016 | PAR Yaël Hirsch

Au 4 e étage de la Tate Modern agrandie où le public se rassemble atour d’une grande composition lumineuse de Philippe Parreno dans le Hall, l’on peut découvrir l’art du peintre indien Bhupen Khakhar (1934-2003). C’est  la première grande rétrospective qui lui est dédiée  depuis sa mort en 2003. Sous le titre emprunté à Ésope « You can’t please all », c’est un travail minutieux, figuratif, entre tradition artisanale et modernité identitaire que l’on est invité à découvrir

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Né à Mumbai dernier enfant d’une famille d’artisan, Bhupen Khakhar attend l’âge d’homme et la rencontre avec le poète Ghulam Mohammed Sheikh pour se lancer vers sa vocation de peintre dans les années 1970. S’éloignant de l’abstraction pour revenir à une figuration inspirée par la tradition indienne. Installé à Baroda, il peint la vie quotidienne de la population. Il se met souvent au cœur de ses peintures, comme le prouve la toile éponyme de l’exposition (et donc l’affiche) où on le trouve au centre de la composition, cheveux blancs, sur de lui, puisqu’on ne peut pas plaire à tout le monde.. « Good taste can be very killing » s’intitule une des salles. A bon goût, Khakhar propose comme alternative la couleur puissante de la vie et un style naïf travaillé au fer rouge du sang qui fait penser à Frida Khalo.

Un voyage en Angleterre est pour lui l’occasion de peindre les ouvriers britanniques au pub avec le même réalisme enchanté que les artisans ou yogi indiens, et aussi de connaître un univers où il peut librement exprimer son homosexualité. Dès lors, sa peinture traite souvent et ouvertement de ce désir qui est proscrit dans la société où il vit. Il relit des mythes du Mahabharata à la force virile de l’attraction masculine et se projette lui même dans des compositions qui expriment une identité forte et sans fard. Très malade à la fin de sa vie, il continue à produire de grandes toiles habitées par des personnages, qui sont de plus en plus violentes, avec pistolets et viscères apparentes. Découvrir le travail Bhupen Kahkhar, c’est avant tout découvrir un personnalité extraordinaire et un style qui a su marquer son siècle, puisqu’on le retrouve aussi bien dans les collections de la Tate que celles du MOMA.

Bhupen Khakhar, You Can’t Please All 1981. © Bhupen Khakhar

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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