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[Londres] Immense rétrospective sur l’Expressionnisme Abstrait à la Royal Academy

[Londres] Immense rétrospective sur l’Expressionnisme Abstrait à la Royal Academy

05 octobre 2016 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 2 janvier 2017, Pollock, De Kooning, Gorky et Rothko règnent en maîtres sur Londres. Avec le concours de la Terra Foundation, la Royal Academy réunit en effet des œuvres majeures des pionniers américains. L’exposition phare de cet automne à Londres sur l’Expressionnisme Abstrait est d’une richesse bouleversante. Alors qu’ils sont montrés peintre par peintre, en bouquets, il manque cependant un point de vue sur cette multitude de chefs d’oeuvres réunis.

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Comme souvent à la Royal Academy, on entre dans l’exposition principale avant d’y être, avec des immenses sculptures de David Smith dans la cour. L’artiste nous suivra en centre de salle tout au long d’une exposition fleuve sur l’expressionnisme abstrait, qui – à part quelques salles générales ou de melting pot sur des thèmes aussi larges et flous que « la couleur comme geste », « les oeuvres sur papier et la photo » ou « Les œuvres tardives », propose de découvrir un par un et pratiquement par ordre d’apparition les grandes figures de l’expressionnisme abstrait.

Avec plusieurs centaines d’oeuvres, venues de grands musées du monde entier (Iowa- Tate- Palm Beach- Thyssen- Canberra) et de collections privées, le commissaire, Dr David Anfam a fait un immense travail d’assemblage pour montrer avec force et couleurs, souvent dans des formats immenses (notamment Pollock) vraiment beaucoup d’oeuvres majeures. Aux côtés de certaines figures majeures qu’on retrouve avec délectation presque au complet (Pollock, donc, De Kooning, Rothko magnifiquement accroché au coeur du dispositif comme dans une chapelle, Sam Francis, Barnett Newman), l’on (re)découvre certaines signatures importantes du « mouvement » comme Clyfford still, Joan Mitchell, Franz Kline, Robert Motherwell ou Mark Tobey.

Abstract Expressionnism est une exposition-fleuve, immanquable et réjouissante pour les yeux. L’effet de masse est tellement important que l’exposition colore toute la tonalité de la saison artistique autour de la Frieze à Londres. Mais ce petit voyage vers le Nouveau Monde qui s’est ouvert dans les années 1950 aurait pu être mieux guidé.

visuels:
Jackson Pollock, Male and Female, 1942-43, Oil on canvas. 186.1 x 124.5 cm. Philadelphia Musuem of Art. Gift of Mr. and Mrs. H. Gates Lloyd, 1974 Photo Philadelphia Museum of Art © The Pollock-Krasner Foundation ARS, NY and DACS, London 2015.
Clyfford Still, PH-950, 1950, Oil on canvas. 233.7 x 177.8 cm. Clyfford Still Museum, Denver © City and County of Denver / DACS 2016 Photo courtesy the Clyfford Still Museum, Denver, CO Photo: Courtesy of the Clyfford Still Museum, Denver, CO © City and County of Denver.

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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