Arts
Anicroches : quand la création interroge le son à l’espace culturel Louis Vuitton

Anicroches : quand la création interroge le son à l’espace culturel Louis Vuitton

27 novembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 19 février, l’espace culturel Louis Vuitton présente une série d’installations qui interrogent la musique, sans hiérarchie entre sa forme la plus noble et les sons qui nous entourent. De manière ludique et souvent interactive, les artistes de l’exposition « Anicroches, variations, choral et fugue » font mesurer aux visiteurs comment la musique se déploie dans l’espace.

Tout commence dans la vitrine de la boutique Louis Vuitton, rue Bassano. L’on y voit le « Bomb Cello » (1984) de Charlotte Moorman (1933-1991), violoncelliste américaine que Varèse surnommait « La jeanne d’Arc de la nouvelle musique » et qui a beaucoup travaillé avec Nam June Paik. Cette œuvre suggère immédiatement un lien de parenté entre l’instrument de musique, le corps humain et l’arme. Puis dans le Hall d’entrée, Rémy Jacquier expose sa maquette « Pavillon ST » (2003) qui fait le lien entre architecture de banlieue et structure de l’oreille.

Après le passage obligé et toujours aussi agréable par l’ascenseur noir de Olafur Eliasson, l’exposition s’ouvre tout en haut de l’immeuble sur l’image et le son apaisés d’un sous-bois. Signée Su-Mei Tse, cette installation s’intitule « Wood Songs » (2011) et fait néanmoins réfléchir quand on tend suffisamment l’oreille aux bruissements et l’œil sur les troncs d’arbres coupés.

Toute l’aile droite de l’espace est occupé par des œuvres diverses de Thierry Mouillé. « LSD Song » allie structure de la molécule magique et quasi-silence des neurones. Plusieurs dessins comme « Opus froissés » jouent sur ces visuels bruyants que sont les partitions et enfin « Brass Space, Pavilon 1 » est  un enchevêtrement de trompettes assez impressionnant

que les visiteurs peuvent utiliser pour faire un concert improvisé de cuivres. Plus loin, Laurent Saksik déploie une grande « Lyre » (2011)  en verre qui fonctionne comme un thérémine (instrument clé de la musique électronique) et que le visiteur peut faire fonctionner de ses blanches mains.

En deux salles, Anri Sala juxtapose un 33 tours  du saxophoniste de free jazz, Jemeel Moondoc (que le visiteur relance) et une vidéo d’une de ses performances dans les hauteurs urbaines de San Francisco. Passé une porte, les « Cercles magnétiques » de Christiania Kubisch sont à Parcourir casque aux oreilles, pour donner un idée précise de la manière dont les ondes électromagnétiques nous affectent.

Plus loin, un atelier numérique vous permet de créer vos propres sons avec un septuor constitués de 7 i-pads aux géométries couineuses et/ou battantes.

Enfin, l’installation de Stéphane Vigny (« Sans Titre », 2011) juxtapose les cymbales et leur insuffle juste assez de mouvements pour qu’un son fluet s’en échappe;

Mesurer la manière dont le son circule et se crée dans l’espace est une expérience étrange et passionnante que l’espace culturel Louis Vuitton enjoint à faire. Un beau moment qui révèle le musicien caché en chacun de nous.


Visuels
: 1) Home + Grand angle : Thierry Mouillé, Brass Space, pavillon 1, 2011.
2) Corps du texte : Charlotte Morrman, Bomn cello, 1984.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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