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Une violence impardonnable donne naissance à Colère

Une violence impardonnable donne naissance à Colère

23 mai 2014 | PAR Alexander Mora-Mir

Colère : Nom féminin, est une petite boutique en ligne créée en avril dernier par Laura, qui vend des sacs et des débardeurs, avec des slogans chocs, dénonçant le harcèlement de rue, dont elle a été victime, un quotidien étouffant pour de nombreuse femmes.

« Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule », un message limpide, qui évoque la détresse des victimes, face à une violence verbale quotidienne. En face, des hommes pour qui la femme est un objet, un outil de plaisir, rien de plus.
Cet écrit, s’affiche pour l’instant sur des débardeurs et des sacs. La boutique est en ligne depuis un mois et a déjà reçu une cinquantaine de commandes. Même si ces sacs sont une belle initiative, il faut tout de même un peu de courage pour les porter, en effet ils peuvent attiser la violence des plus agressifs.

Mais dans un sens, porter ce sac signifierait ne pas accepter, ne plus subir un tel harcèlement, comme si c’était normal. Ce message rompt ainsi une normalité immorale que les gens ont adoptée dans une société décadente.
Un concept nécessaire, ancré dans le respect de la femme, initié par Laura, une victime parmi tant d’autre. Elle a livré une interview au site Mademoizelle que vous pouvez lire en intégralité ici.

Elle explique comment lui est venue cette idée de créer une telle boutique, notamment une remarque qu’elle a très mal vécue : « viande à viol ». Des termes horrifiques, sortis de la bouche d’un homme, adressés à une femme. Des mots qui font honte aux descendants d’Adam. Pour consulter son histoire cliquez-ici.
A part des réflexions quotidiennes, c’est le témoignage de Jack Parker, agressée sexuellement dans le métro, qui fait déborder un vase rempli de frustration et de dégoût. Vous pouvez lire son témoignage ici.

Une boutique que l’on pourrait qualifier de non lucrative puisque 50% du chiffre d’affaire sert à payer le produit, l’autre moitié est pour des associations de défense contre la violence commise envers les femmes, selon la créatrice, d’après une interview de Mademoizelle.

Le 23 février 2014, le collectif Stop Harcèlement de rue est institué, en vue de changement, ne plus se taire face au sentiment d’insécurité, face aux remarques, face à cette violence. Une vidéo du Parisien présentant le collectif est présente ici.

L’INSEE rappelle des chiffres effarants :
-1/4 femme à peur dans la rue
-1/5 se fait injuriée au moins une fois par an
-1/10 subit caresses et baisers qu’elle ne désire pas.

© Visuel : Capture d’écran Colère : nom féminin

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Alexander Mora-Mir

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