Politique culturelle

Plus de moyens pour l’animation ? Les annonces de Françoise Nyssen en marge du 42e festival du film d’Animation d’Annecy

Plus de moyens pour l’animation ? Les annonces de Françoise Nyssen en marge du 42e festival du film d’Animation d’Annecy

12 juin 2018 | PAR Lucile Brusset

Quelques jours après avoir présenté son plan de réforme de l’audiovisuel français, Françoise Nyssen se fend d’une tribune dans Le Film Français et affirme sa volonté de renforcer son soutien à la filière française de l’Animation. Décryptage alors que le 42e festival d’Animation d’Annecy bat son plein. 

Prolonger les politiques de soutien en direction d’un des secteurs les plus dynamiques de l’audiovisuel français

C’est la veille de l’ouverture du 42e festival d’Animation d’Annecy, le 10 juin 2018, que Françoise Nyssen a choisid’annoncer son plan en direction du secteur français de l’Animation. Rappelant les politiques de soutien de l’Etat à la filière animée, que ce soit par le biais de l’augmentation des dotations du Centre National du cinéma et de l’image animée ou encore via les crédits d’impôt et les aides à l’export, elle insiste sur la nécessité de prolonger ces orientations en s’appuyant sur trois leviers : l’audiovisuel public, le cinéma et la régulation. 

Encourager l’exposition de programmes d’animation français sur les chaînes de France Télévisions, développer l’offre numérique via un renforcement de l’offre des deux plateformes du groupe, Ludo et Zouzou, renforcer les obligations françaises en matière de financement de la création sur les plateformes de vidéo à la demande étrangères qui diffusent en France…autant de mesures concrètes sont annoncées, marquant la volonté de la ministre de voir la filière française de l’Animation garder sa place parmi les leaders mondiaux.

Un plan de réformes et des interrogations…

Face au volontarisme affiché du ministère, certaines interrogations subsistent cependant : si la ministre annonce un plan ambitieux d’aide au secteur de l’animé français, la suppression de France 4 de la télévision hertzienne, chaîne d’animés du groupe France Télévisions fait de l’ombre au projet. Pourquoi supprimer une chaîne ayant investi 14 millions dans l’animation en 2018, soit 40% de l’investissement de France Télévisions dans ce domaine ?

Pour la ministre, supprimer la chaîne publique du réseau hertzien permettra de dégager une quarantaine de millions d’euros et ainsi d’investir dans le lancement d’une offre numérique diversifiée à destination des plus jeunes. Pour le Syndicat des producteurs de films d’animation (SPFA), cette mesure, annoncée sans concertation, “jette bébé dans l’eau du bain” en mettant un terme à tous les efforts engagés en faveur des enfants à la télévision. Le risque est pour le SPFA de voir le service public se couper de son public enfant et de livrer la production française à “la jungle digitale où les programmes ne se hissent qu’à force d’investissement massif dans le marketing”.

En dépit des débats suscités par les propositions de Françoise Nyssen, reste à voir si ces annonces seront suivies de mesures concrètes pour un secteur qui reste, selon un très récent rapport du CNC, l’un des plus dynamiques de l’audiovisuel français, représentant le premier genre audiovisuel à l’export.

Visuel : ©Affiche du 42e festival d’animation d’Annecy

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Lucile Brusset

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