Politique culturelle

Franck Riester : « Nommer a une dimension symbolique que je ne minimise pas »

Franck Riester : « Nommer a une dimension symbolique que je ne minimise pas »

15 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Ministre de la culture s’est rendu pour la seconde fois à Avignon depuis le début du Festival. L’occasion d’une rencontre informelle avec la presse.

« Je viens régulièrement depuis des années à Avignon » nous confie ce spectateur assidu avant de livrer les trois grandes priorités de son mandat. La première est de « mettre les artistes au cœur de nos dispositifs« . L’idée est d’augmenter la part des artistes dans les programmes d’éducation. L’occasion pour lui d’annoncer le projet France Terre d’Artistes qui est un programme de résidences. Pour le moment nous n’en savons pas plus.

Nous apprenons également qu’une mission a été confiée à Bruno Racine pour « réfléchir à la place des artistes dans la société ». Le second axe de sa politique est de déconcentrer un certain nombre de décisions dans les DRAC et de recentrer le ministère sur le partage des bonnes pratiques. Immédiatement l’idée choque. Si les décisions sont prises en local cela veut dire un clientélisme évident,  mais aussi une dichotomie immense entre les territoires.

Enfin, le dernier axe est de créer un nouvel outil de « démocratisation culturelle » en créant une « nouvelle direction ». « Cela va permettre de mieux prendre en compte la diversité des besoins, mieux accompagner les acteurs de la culture. Beaucoup de projets méritent un accompagnement de l’Etat, pas forcément technique, par exemple la digitalisation des services comme la billetterie. On va regrouper pour être plus fort la digitalisation des services publics ». Il ajoute vouloir pour cela « des équipes dédiées ».

Largement questionné sur les tempêtes qui agitent la direction des CDN en ce moment, ainsi que la vacance de pouvoir à l’Opéra de Paris, la réponse du ministre a laissé l’assistance coite: « Je n’ai pas la sensation qu’il y ait un problème dans les nominations ». Insistant sur le temps de la Justice, il n’a pas souhaité prendre position sur les affaires qui traversent le Centre Dramatique National du Val-de-Marne, la crise à Nanterre entre Phillipe Quesne et Patrick Jarry, non plus sur la non démission au Ballet de Lyon de Yorgos Loukos, condamné à six mois de prison avec sursis, 5000 euros d’amende et 20 000 euros de dommages et intérêts pour « discrimination au travail » et « harcèlement », pour avoir refusé de renouveler le contrat d’une danseuse de retour d’un congé maternité. Le Ministre affirme « je trouve que sur les CDN ça ne fonctionne pas si mal » et ne souhaite pas appliquer une « méthode fixe ». Il ajoute « nommer a une dimension symbolique que je ne minimise pas ».

Concernant la non nomination d’un directeur pour l’Opera de Paris, la réponse navigue entre deux eaux : « On prend le temps de nourrir notre décision », mais, assure le Ministre, avant la fin juillet, la décision sera rendue publique.

Il nous faudra donc apprendre à rester patients.

Visuel : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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