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Philippe Cohen, ex-directeur du Ballet du Grand Théâtre, est mort

Philippe Cohen, ex-directeur du Ballet du Grand Théâtre, est mort

27 juillet 2022 | PAR Cloe Bouquet

Directeur de la compagnie genevoise durant 19 ans, Philippe Cohen venait de prendre sa retraite au début de l’été. Il est décédé à 69 ans.

« Un homme enthousiaste, généreux et chaleureux »

Après avoir dirigé le Ballet du Grand Théâtre de Genève durant 19 années, Philippe Cohen prenait congé de l’institution et une retraite bien méritée en juin dernier avant d’être emporté par la maladie seulement quelques semaines plus tard. « Philippe Cohen s’est éteint le 18 juillet 2022 à l’âge de 69 ans, dans le sud de la France entouré des siens, après avoir combattu avec bravoure un cancer déclaré il y a deux ans », annonçait mardi le Grand Théâtre, saluant « un homme enthousiaste, généreux et chaleureux, qui aura contribué sans relâche au rayonnement du ballet, de la danse et plus largement de l’institution genevoise au-delà des frontières ».

Lors de son départ à la retraite le 30 juin, Aviel Cahn, le directeur général du Grand Théâtre, avait salué « l’ouverture d’esprit », la « curiosité » et « l’approche profondément humaine » de Philippe Cohen.

Témoignages

« C’était une personnalité remarquable, un dénicheur de talents comme il y a en a peu », a encore témoigné le chorégraphe Abou Lagraa qui a créé Wahada au Ballet du Grand Théâtre de Genève en 2019. « C’était d’abord mon père de danse. J’ai intégré le Conservatoire de Lyon dont il était directeur en 1990 grâce à lui. Il a insisté pour que je sois pris alors que je n’avais pas une technique suffisante car il était sûr, disait-il, que j’allais devenir un grand interprète. Il était franc, même implacable parfois, mais il était au service de la danse et des artistes. »

« Durant de longues années, je voyais cette figure d’homme élégant et raffiné dans les couloirs du Grand Théâtre de Genève », écrit le journaliste Jacques Schmitt dans Res Musica. « Lors des conférences de presse (…), le calme avec lequel il exposait les programmes à venir aurait pu faire penser qu’il avait de son art une vision sans passion. Cette fausse impression n’était que l’expression d’un homme d’une classe exceptionnelle, d’un homme conscient de l’importance de la danse, d’un homme qui avait un amour immodéré du beau. Une quête du beau dont il a essaimé le Ballet du Grand Théâtre avec la constance des gens qui savent. »

« Je me souviendrai de son visage épanoui et heureux lorsqu’il m’avoua le bonheur de voir « Atys » de Rameau monté à son initiative avec l’apport majeur de la danse. « Seize ans que j’attendais ça ! » me lança-t-il dans un élan d’enthousiasme juvénile et irrépressible, si loin de l’homme mesuré qu’il offrait à voir (…). Philippe Cohen s’en est allé vers d’autres cieux, l’esprit comblé de cette beauté qu’il affectionnait et qu’il a partagé avec le public du Grand Théâtre de Genève pendant dix-neuf ans. »

Visuel : Façade du Grand Théâtre de Genève © Wikicommons

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Cloe Bouquet

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