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Mort de Philippe Zdar, « I Love You So »

Mort de Philippe Zdar, « I Love You So »

20 juin 2019 | PAR Rodolphe Pete

Il y a des nuits où il faudrait pas laisser son téléphone allumé. Pour ne pas lire des messages funestes. Comme celui de la mort de Philippe Cerboneschi, dit Zdar, French Touch à tout génial qui a tant apporté à la scène française et bien au-delà.

Une chute accidentelle à Paris, dans la nuit de mercredi à jeudi. Comme Dj Medhi il y a quelques années, lui aussi emporté bien trop tôt dans des circonstances aussi tragiques.

Les souvenirs n’en finissent pas de creuser leur sillon pour retracer près d’un quart de siècle d’inspirations, de transmissions et de tubes qui ont traversé les années.

Le génie de Philippe Zdar fut déjà de rencontrer son alter ego, si different et tellement complémentaire Hubert Blanc-Francard. C’était en 1989. Le premier était assistant du père du second, l’immense producteur Dominique Blanc-Francard.

Deux ans après, les deux compères participent au succès du premier album de MC Solaar, « Qui sème le vent récolte le tempo » . Leur carrière sera lancée en 1994 avec leur premier alias, La Funk Mob, dont le style orienté abstract hip hop reste une référence. 

Comment en outre oublier la collaboration de Philippe Zdar avec une autre grande figure de la scène française, Étienne de Crecy, et leur fabuleuse Motorbass, encore dans toutes les mémoires ? 

En 1996, apparaît le nom Cassius. Il devient une pierre fondatrice de la French Touch avec l’album « 1999 », l’année éponyme, qui se vendra à pas moins de 250 000 exemplaires. Avec des hits house entêtants, comme « My feeling for you » et « La mouche » . La dance machine est lancée et ne s’arrêtera pas.

Trois albums suivront et un cinquième arrivait cet été, sous l’appellation bienvenue « Dreems ». Des hauts et des bas, des réussites (« Toop, Toop », « I Love You So » et son clip mythique), des échecs, mais toujours l’enthousiasme, l’énergie et la volonté de se renouveler, de créer au carrefour des styles, des rencontres et des expériences.

Car outre leur talent pour mettre le feu au dancefloor avec un sens aigu de la sélection (je garde un souvenir mémorable de leur passage à Astropolis en 2011, où leur chaleur humaine était contagieuse), les deux compères avaient également le don de la production pour les autres.

Philippe Zdar était à ce titre très demandé, preuve qu’il n’y a pas forcément besoin de traverser la Manche ou l’Atlantique pour être bien conseillé. De Franz Ferdinand à Hot Chip, de Cat Power aux Beastie Boys, en passant par Phoenix et -M- notamment, ce sorcier des consoles n’avait pas son pareil pour transformer les basses en or. C’est dire la tristesse qui touche ses fans et les amateurs de musique.

Un jour à Rennes, au lendemain du set de Cassius aux Transmusicales, mal réveillé, je mets un moment à réaliser que Philippe Zdar est à la table d’à côté. En pleine forme, énergique,souriant et se renseignant pour pouvoir assister au concert d’Aufgang le soir même. Curieux donc d’aller découvrir ce groupe prometteur. Un beau souvenir parmi d’autres…

Vous allez beaucoup manquer Monsieur Zdar. Vraiment. 

Rodolphe Peté

Cassius en 2011 au festival breton Astropolis. Philippe Zdar au premier plan. (photo Rodolphe Peté) 

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