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Les 25 ans du prix Wepler, Anthony Passeron récompensé pour son ouvrage Les Enfants endormis

Les 25 ans du prix Wepler, Anthony Passeron récompensé pour son ouvrage Les Enfants endormis

15 novembre 2022 | PAR Camille Curnier

Chaque année et depuis 1998, le prix Wepler distingue un auteur contemporain. Cette année, le prix littéraire est décerné à Anthony Passeron pour son livre Les Enfants endormis (Éditions Globe).

Un prix emblématique et un phénomène de rentrée

Le prix Wepler – Fondation La Poste récompense depuis 25 ans des auteurs contemporains souvent éloignés d’un certain conformisme de lecture et leur permet de leur offrir « une renaissance dans une époque trop souvent obstruée par une forme de confusion entre valeur commerciale et envergure littéraire ». Cette année, c’est l’auteur niçois Anthony Passeron qui a eu l’honneur d’être célébré place de Clichy, à la brasserie littéraire du Wepler.

Révélation de la rentrée, Anthony Passeron est avant tout professeur de lettres et d’histoire-géographie. Remarqué en 2015 pour son groupe de Pop Folk « The Dead Fox on the Road » avec Laetitia Faure, il se lancera dans l’écriture avec un recueil de poésies autobiographique L’Art délicat de rater sa vie. En 2022, il devient primo romancier avec son ouvrage Les Enfants endormis publié aux éditions Globe et pour lequel il est récompensé cette année.

Le récit d’une vie passée sous silence

« Écrire, c’était la seule solution pour que l’histoire de mon oncle, l’histoire de ma famille, ne disparaisse pas avec eux, avec le village ». Le roman d’Anthony Passeron nous dépeint une histoire sociale et familiale au début des années 1980 et au cœur des années Sida. Alors que son père poursuit la tradition familiale, son oncle décide de s’échapper du village et de faire des études aux Pays-Bas, où il sombrera dans la drogue et contractera, par la suite, le VIH. Le récit de Passeron est avant tout familial et autobiographique puisqu’il y décrit comment sa famille est confrontée à l’époque à ce syndrome et comment elle doit faire face à l’exclusion et aux préjugés à une époque où le SIDA est considéré comme un « cancer gay » et l’homosexualité comme une maladie. Cependant, cette narration se présente également comme l’histoire de la découverte du virus et des premières avancées et recherches autour de la maladie.

L’auteur fait résonner sa problématique à son échelle personnelle mais aussi à l’échelle sociale. Un récit de la marginalité à la fois de la campagne, de la toxicomanie et de l’homosexualité, souligné par un tabou généralisé au niveau de l’État et des instituts de recherche face à la maladie.

Un tabou qui s’inscrit également dans les villes et les villages, empêchant ainsi toute considération publique de la maladie de son oncle.

Pour Anthony Passeron, ce livre était déjà là, inscrit dans son histoire. Le processus d’écriture n’était alors qu’un sacerdoce enrobé d’une volonté politique de remettre « ces marginaux au centre de la carte ».

Un livre comme une boussole intime et sociale pour s’orienter dans cette période complexe des années 1980. 

Visuel : © Martin Vorel

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