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Le Palais de la Porte Dorée nous fait découvrir L’envers du décor !

Le Palais de la Porte Dorée nous fait découvrir L’envers du décor !

01 février 2020 | PAR Zoé David Rigot

C’est la troisième édition de ce festival virevoltant, et c’est le cas de le dire , au Palais de la Porte Dorée. Une occasion inmanquable de visiter ce joyaux de l’Art déco dans un jour nouveau, et dans toute sa splendeur !

Le Palais, construit en 1931 pour l’Exposition Coloniale internationale, n’a pas une histoire des plus réjouissante puisqu’il était voué à accueillir le musée permanent des Colonies, à retracer les conquêtes françaises et à célébrer l’empire colonial. Voilà qui refroidit. Mais le Palais de la Porte Dorée ouvre ses portes ce weekend pour un festival, sous un nouveau jour, qui vaut le coup de braver tous les temps mauvais. Une belle tripotée d’artistes sont là pour accueuillir le visiteur curieux et bientôt ravi.

Hier soir le Palais, ses bas reliefs illuminés de couleurs, respirait la bonne humeur et la fête. Pendant le festival, le musée, l’aquarium et tous les accès au palais sont gratuits. Ainsi, le visiteur entrant dans le Palais peut aller faire un tour à l’aquarium, manger un bout, et peut se promener dans cette immense salle ouverte où Ruedi Baur, artiste designer interdisciplinaire, accompagné de travaux graphiques et vidéos des étudiants de l’Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs (EnsAD) expose. Sur les fresques immenses du Palais des vidéos sont projetées et donnent la parole au lieu. Ce sont des textes littéraires, scientifiques et poétiques qui racontent l’histoire des hommes et des femmes représentés au Palais mais jamais entendus. On peut voir les textes d’Aimé Césaire et bien d’autres, c’est dynamique et plein d’une réflexion poétique qui invite le visiteur à se laisser porter par l’atmosphère des pièces immenses. En se promenant, on découvre aussi les mobiliers Art déco, puis des travaux d’art un peu partout – ce sont les présences typographiques dont on a entendu parler sur le programme.

Tout à coup, la Compagnie La Horde se met à danser et a déambuler de manière acrobatique. Alors que le visiteur flane, des danseurs et danseuses s’emparent de l’espace un moment et l’emplissent de tension, de possibilités, et de mouvements des plus incroyables, habitant alors tous les objets. Les enfants ne résistent pas et entrent dans la ronde…!

Puis Le Plus Petit Cirque du Monde s’installe dans la salle immense… dans une chorégraphie virevoltante, les circassiens et leurs trampolines se dépassent sur une musique électro contemporaine rythmée et minimaliste.  Ils sont puissants et sensibles, avec la bascule ils nous emmènent dans l’époque curieuse du baroque et encore nous interroge, nous entraine à revoir les limites. LPPCM aura plusieurs spectacles pendant le weekend, et tous valent le coup !

Le samedi et le dimanche, l’Agence nationale de pasychanalyse urbaine (ANPU) organisera des visites-performances dans tous les espaces du Palais. L’agence explorera l’inconscient colonial à travers des visites à la fois savantes, décalées et désopilantes, alors on rement en question, on détruit les stéréotypes, on renverse les barrières mentales.

Et il y a beaucoup plus à découvrir ! Philippe Rekacewicz, par exemple, encadre les étudiants de l’EnsAD dans la réalisation d’une proposition visuelle commune pour laquelle ils utilisent de manière créative et innovante les archives du Pamais et les cartes de l’exposition coloniales. C’est engagé, on peut lire des messages de paix.

Aussi, les visites sont très bien organisées, pour les petits et les grands. Le Palais a même préparé des dépliants pour les enfants, afin que par le jeu ils découvrent cette belle maison.

Ce samedi soir, après cette belle journée de spectacles et de représentations diverses et variées, jouera le duo audacieux Mauvais Oeil, qui tire ses inspirations dans la musique incroyable qu’on peut créer aujourd’hui, s’évaporant des plusieurs générations d’immigrés qui ont mélangé leurs sons et leurs mots à ceux de leur terre d’accueil… Il mèle orient/occident, en partant des musiques algériennes aux musiques roumaines… de quoi se déhancher sur quelques tunes de violons, de synthé et palper les textures psyché ! Ensuite le Dj Hadi Zeidan, originaire du Liban, débusque dans un tour du monde musical les sonorités de sa Beyrouth natale. Il s’inspire des rythmes de cette ville cosmopolite et festive afin de faire danser Paris ! 

C’est un évenement gratuit, ouvert à tous et idéal pour les visites en familles. De tous les côtés, on peut se réjouir, se remplir les yeux de beauté et bien rigoler !

Programme :

Le Plus Petit Cirque du Monde : spectacle Esquive  joué le samedi à 16H30 et 20H, dimanche à 16H30. Bascule, l’autre spectacle, le samedi et le dimanche à 15H.

Ateliers collaboratifs tout public avec Présences typographiques samedi et dimanche à 15H30 et 17H30.

Concerts : Mauvais Oeil à 21H samedi et Hadi Zeidan à 22H.

Visuels :

Image d’en-tête : affiche du festival

Visuel 1: ©Ruedi Baur

Visuels 2: Le Plus Petit Cirque du Monde © I. Anneix et H. Combal-Weiss.

Visuel 3: Mauvais Oeil Jules © Faure.

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Zoé David Rigot

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