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« Le mot pour les arts de la rue, c’est trangression » : Mélanie Duplenne

« Le mot pour les arts de la rue, c’est trangression » : Mélanie Duplenne

16 mai 2022 | PAR Capucine De Montaudry

Cette année, le Festival Parade(s) se tient à Nanterre du 3 au 5 juin. Cet entretien avec Mélanie Duplenne, directrice artistique, revient sur l’organisation de l’événement. 

Pouvez-vous me parler du festival, de sa philosophie et de son histoire, des raisons pour lesquelles il a été créé ?

Cette année, il s’agit de la 32ème édition du festival. Celui-ci a été créé en 1990, à une période où sont nés de nombreux festivals autour des arts de la rue. Le festival de Nanterre fait partie des premiers. Il s’agissait de créer une ambiance festive, de rassembler la population, en créant un événement différent des fêtes organisées par la ville. Ce projet témoignait d’une envie d’investir l’espace public avec un événement qui soit accessible à tous. 

En 30 ans, les formes du festival ont évolué. Depuis 2005 est appliquée la dénomination de festival. Il s’agit d’un événement municipal qui bénéficie d’un soutien institutionnel. 

Pendant le COVID, en 2020, le festival a été annulé. Au cours de l’été il a été réinventé avec les Échappées, des événements itinérants dans le domaine du cirque. En 2021, un week-end a été organisé comme clin d’œil, avec une programmation qui visait à rassembler non des publics mais des artistes. C’était au mois de juillet, avec 25 compagnies durant l’été. Cette année elles sont au nombre de 40. Le but est de retrouver l’esprit du festival. 

À quels publics vous adressez-vous ? Cet événement est-il fait pour les Nanterriens ou pour rendre la ville attractive ? 

Le festival Parade(s) est avant tout le festival des Nanterriens. On revendique d’être un festival tous publics. Dans nos estimations, 30 000 visiteurs sont annoncés. Or l’accès est libre et gratuit, ce qui rend difficile le décompte des visiteurs, entre ceux qui viennent pour le festival et ceux qui s’arrêtent car ils tombent par hasard sur une manifestation artistique. 

Quand vous parlez d’investir l’espace public, que voulez-vous dire ? 

L’espace public est l’endroit du questionnement. Du fait d’être dehors, la parole a un écho différent. Les artistes qui s’expriment ne sont pas dans une démarche de revendication, mais de questionnement sur la place de l’artiste. La pensée est Politique avec un grand P. Elle concerne l’évolution du monde et la place des citoyens, quelque chose d’universel. Par exemple, le collectif mkcd s’est inspiré d’un fait divers, celui d’une femme qui s’est fait renverser et qui était une migrante. 

Tous les spectacle sont politiques, soit de manière suggérée, soit parce que c’est dans la rue. Mais il y a aussi les spectacles drôles, ou le sens est moins de tenir un propos qui interpelle. Le mot pour les arts de la rue, c’est la transgression. 

Quels sont vos choix artistiques ? Comment se fait la sélection ? 

Mon métier, c’est la programmation. Mon travail consiste à trouver des spectacles et équilibrer la programmation en recherchant une grande diversité des formes. 

Je recherche des spectacles grand public, qui puissent plaire à tout le monde. Mais je m’intéresse aussi à des formes exigeantes, à l’endroit de l’écoute et de la découverte qui font grandir celui qui regarde, provoquent un cheminement. Il y a du théâtre, du cirque, de la marionnette, des bals, des fêtes… Tout cela vise à créer la rencontre, il y a un aspect important du festival où toutes les catégories sont réunies. 

Dans le choix des artistes, j’ai un regard particulier sur les compagnies franciliennes. Un compagnonnage s’établit, et on retrouve les mêmes artistes sur plusieurs éditions. 

Quels sont vos liens avec les compagnies internationales ? Comment êtes-vous entrés en contact ?

Nanterre se veut Ville-Monde, permettre la circulation des artistes notamment africains est très important en ces temps de tendance au repli sur soi.

Le festival Parade(s) soutient depuis plus de 10 ans le festival Rendez-vous chez nous au Burkina Faso.

Y a-t-il un événement en particulier dont vous souhaitez me parler ?

C’est une question difficile ! … 

Pour le cirque, il y a la compagnie Burrasca a créé Marée noire, un spectacle aérien qui met en scène une grue. 

Dans le théâtre, il y a une création avec une très belle ambition avec le collectif Prélude, Littoral. C’est sur un texte de Wajdi Mouawad, qui est imaginé pour la première fois dans la rue. 

Côté bal, le Big ukulélé syndicate organise une grosse fête. 

Il y a aussi le théâtre d’objets, l’entre-sort. Ce sont de brèves manifestations qui durent 5 à 15 minutes, des surprise que l’on peut trouver dans l’espace public, endroit des impromptus. 

Visuel : affiche du festival Parade(s). 

Pour plus d’informations, c’est ici

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Capucine De Montaudry

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