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Le grand poète Philippe Jaccottet meurt à 95 ans

Le grand poète Philippe Jaccottet meurt à 95 ans

25 février 2021 | PAR Salome Helgoule Vallot

Il était l’un des seuls poètes à être entré de son vivant au sein de la prestigieuse collection de la Pléiade en 2014 (avec René Char et Saint-John Perse), le poète et critique littéraire Philippe Jaccottet est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à son domicile, dans la Drôme. 

Né à Moudon (Suisse) en 1925, Philippe Jaccottet tombe amoureux de Grignan, une commune dans la Drôme où se trouve le fabuleux château de Madame de Sévigné, et s’y installe avec sa femme, Anne-Marie, en 1953. Alors qu’il vient de publier son premier recueil, L’Effraie, aux éditions Gallimard, sa rencontre avec les paysages de Grignan chamboule sa prose. Il y trouve une « terre natale » à laquelle il voue son œuvre, une terre qui jamais ne s’épuise de ses paysages, qui toujours offre une réminiscence, un signe, une beauté nouvelle dont Jaccottet se saisit avec justesse. Sa poésie offre une expérience universelle, chargée des pesanteurs de l’incertitude et de la légèreté des émotions, et qui toujours reste nue, vraie, crue. De Grignan, il continue à écrire pour La Nouvelle Revue Française, et publie plusieurs recueils, Elements d’un songe et Obscurité. Il fait énormément de traductions, notamment pour son ami Guiseppe Ungaretti, qu’il a rencontre en Italie avant son arrivée en France, il travaille sur l’édition d’Hölderlin à La Pléiade, mais également sur L’Odyssée d’Homère.

Riche d’une carrière prolifique, le poète est honoré de plusieurs prix, dont le Grand prix Siller en 2010, le Goncourt de la poésie en 2003 et le Grand prix national de Traduction en 1987. Il est le second poète, après Michaux, à faire l’objet du plus grand nombre de thèses et de mémoires en France. Pas étonnant donc qu’il soit rentré en 2014 dans la collection Pléiade avec Œuvres, un regroupement de 29 recueils en vers et prose choisis par le poète lui-même, accompagnés de centaines de note tirés de ses carnets qu’il a tenu entre 1954 et 1998 et qu’il a appelé La Semaison :  » La note était un moyen de garder un contact avec le monde poétique, je ne m’en suis jamais défait. J’ai trouvé dans Littré ce beau mot de « semaison » qui m’a paru convenir à cet ensemble de choses vues, choses lues, choses rêvées. Il y avait là des espèces de graines qui pouvaient s’épanouir en poèmes. », confiait-t-il au Monde des livres.

Crédits visuels : ©Pléiade 

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Salome Helgoule Vallot

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