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Décès de la peintre Paula Rego

Décès de la peintre Paula Rego

14 juin 2022 | PAR Zoe Grandjacques

Paula Rego, la peintre et plasticienne portugaise connue pour ses œuvres dérangeantes mêlant réalisme abrupt et contes enfantins est morte à son domicile le 8 juin dernier à 87 ans.

Paulo Rego nait le 26 janvier 1935 à Lisbonne. Alors âgée d’à peine un an, ses parents la laissent au soin de sa grand mère jusqu’à ses trois ans. C’est elle qui lui lit les contes traditionnels populaires qu’elle insérera ensuite dans son travail. En 1951, elle part en Angleterre suivre des études d’art. En 1958, elle est la première femme à intégrer le groupe de Londres, aux côtés de Francis Bacon, Lucian Freud, David Hockney. 

Si elle dessine et peint très jeune, son style évolue jusqu’aux années 80. Elle pratique avec virtuosité divers outils plastiques : gravure, pastel, peinture, dessin, sculpture. Le style qu’elle finit par investir est un réalisme sévère, propre au groupe de Londres, avec une part de baroque, plus proche de l’art traditionnel portugais et une inspiration surréaliste. Elle puise ses sujets dans les contes pour enfants, la littérature ou l’univers cinématographique (Disney notamment). Elle créé un univers fantasmagorique aux tons âpres à partir de mises en scène précises où modèles vivants, créatures fantastiques et mannequins se mélangent.

Ses œuvres traitent généralement du thème de l’enfance et de sa cruauté, avec parfois des hypotextes autobiographiques. Son œuvre provoque un malaise en partie par l’ambivalence des gestes des protagonistes (menaçants ou protecteurs ?). Elle traite également de la condition féminine avec des représentations de femmes inhabituelles : des fillettes meurtrières, des sorcières ou même une femme dans la posture d’un chien féroce dans la dérangeante série Dogwoman. L’historienne de l’art Germaine Greer écrit « Aucun autre artiste n’a jamais réussi à s’approcher autant que Rego de la fantasmagorie qu’est la réalité féminine ». Et si Paula Rego ne se considérait pas résolument féministe, elle a tout de même participé à ce mouvement rendant son art résolument politique lors du refus de la légalisation de l’IVG au Portugal en 1998. En réaction à cette nouvelle, elle représente des femmes pratiquant des IVG clandestins, les traits brutaux rendant compte de la brutalité  et de la prise de risque de cette pratique. 

© Visuel : Laëtitia Larralde

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Zoe Grandjacques

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