Actu
Antoine Duhamel, le compositeur de Pierrot le fou est mort

Antoine Duhamel, le compositeur de Pierrot le fou est mort

12 septembre 2014 | PAR Marie Charlotte Mallard

Hier, Jeudi 11 septembre Antoine Duhamel, compositeur de la nouvelle vague s’en est allé à 89 ans. Un père écrivain, une mère actrice, à peine né, Antoine Duhamel avait déjà dès sa naissance un pied dans l’art et la créativité. Retour sur son parcours, sa production musicale et son apport culturel.

Très jeune, et sous l’influence de son père musicien amateur il débute la musique. Une passion qu’il poursuivra à la fin de la seconde guerre mondiale, intégrant les classes de deux avant-gardistes Olivier Messiaen et René Leibowitz au Conservatoire National Supérieur de Paris.

S’il sort de cet apprentissage fort d’un bagage chargé d’œuvres symphoniques et concertantes, il se tournera néanmoins déjà dès 1949, vers le cinéma composant Musique pour Hans Hartung qui devait être destinée à un film d’Alain Resnais. Ne se limitant à aucun support particulier, il écrira la musique de nombreux courts-métrages et celle du premier grand feuilleton de télévision Le chevalier de Maison-Rouge, mais surtout du mythique Belphégor.

De l’avant-garde musicale, il passera à la nouvelle vague cinématographique, celle-ci assurant sa notoriété grâce à des collaborations avec Godard pour Pierrot le Fou en 1965 – qui lui apportera reconnaissance et succès- puis Made in U.SA et Week-end, mais également avec François Truffaut pour qui il composera les partitions de Baisers Volés, La Sirène du Mississipi, Domicile Conjugal et L’enfant Sauvage. S’il trouvait que Truffaud n’exploitait pas assez sa musique il trouvera l’équilibre avec Bertrand Tavernier pour qui il signera la partition de Que la fête commence, pour La mort en direct. Dans Laissez-passer, il intégrera un passage des Pêcheurs de perles de Bizet, de même qu’il avait intégré des extraits de Penthée de Philippe d’Orléans dans Que la fête commence.

S’il trouva en Tavernier un mélomane attentif,  et si lui-même était fin cinéphile, il ne cachait pas que ce support ne rendait à son sens pas justice à la musique, souffrant de voir son œuvre coupée ou couverte de bruitage. Sans doute parce qu’il s’était trop établi dans le milieu cinématographique, Duhamel sera boudé par celui de la musique classique malgré une féconde production d’œuvres concertantes pour violon, piano, trompette, flûte, clarinette, de même que symphonique et opératique. Quatre-vingt-treize et Ubu pour exemple ne reçurent qu’un accueil mitigé par la critique. Néanmoins, la Sacem lui décernera en 1977 le Prix Georges Enesco ainsi que le Grand Prix de la Musique en 1997 pour son œuvre, et en 1999, le Festival d’Ambronay et Musique nouvelle en liberté lui commanderont une partition particulièrement bien accueillie, Dixit Farouche pour 6 voix, chœur et orchestre, motet.

Décloisonner les genres et les styles, tel était son combat, et pour se faire, il fonda dans les années 80 une école de musique à Villeurbanne, ouverte à tous les styles, jazz, aux musiques traditionnelles, classique, baroque, ainsi qu’à la chanson.

Visuel : «?Antoine Duhamel at the Cinémathèque française?», © Roman Bonnefoy

« Ils ont rêvé d’un autre monde », par Laurent Vidal
[L’Etrange Festival] Une ballade nommée « My blind heart » : talent, sincérité, mais aussi références
Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture