Cinema
[L’Etrange Festival] Une ballade nommée « My blind heart » : talent, sincérité, mais aussi références

[L’Etrange Festival] Une ballade nommée « My blind heart » : talent, sincérité, mais aussi références

12 septembre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Cette aventure du jeune Kurt, atteint d’une maladie qui le rend aveugle, dans les quartiers désertés de Vienne, propose un récit en noir et blanc, très bien interprété, que l’on peut suivre avec plaisir. Mais son côté cinéma en liberté, pas très nouveau, et ses partis-pris trop tièdes, ne nous donnent pas assez à ressentir…

[rating=3]

Aktion BunkerKurt est un jeune homme brun, atteint d’une maladie dégénérative qui a pour conséquence une cécité progressive. Il travaille comme éducateur auprès d’handicapés mentaux. Mais il fait trop de bêtises. C’est qu’il perd également ses facultés intellectuelles… On le renvoie. Apparemment, il a aussi tué sa mère… Qu’on verra parfois, sous les traits de la regrettée Susanne Lothar… Kurt se retrouve dehors et dès lors, le film devient le tableau d’une errance. Une gamine, Connie ; un pharmacien… Autant de compgnons de fortune pour cet esprit qui se sent aspiré par le vide…

Le corps souffrant : un côté Michael Haneke se voit. Peter Brunner, le réalisateur, fut son assistant. Mais l’errance, contée de façon linéaire, rappelle davantage Wim Wenders, ou Jean-Luc Godard, pour son souffle. Le film se tient entre ces deux dimensions, et ce faisant, il ne livre que l’aspect extérieur de son héros. On le voit, parfois, marcher à l’aveugle. Mais sa souffrance, ses difficultés, ne sont pas données à ressentir profondément. Peu d’effets de montage, peu d’outils pour traduire les sensations : on en reste aux faits. On aurait pourtant aimé pénétrer cette figure, fuir en avant avec ce Kurt attachant… Merveilleusement inteprété, de plus, par Christos Haas

Demeurent alors des scènes bien faites, avec un aspect décalé : Kurt et Connie dans un appartement délabré qu’ils louent, s’aspergeant de nourriture… Les dialogues entre Kurt et le jeune handicapé dont il s’occupe… L’interprétation est sans faille, la technique à l’avenant. Mais on aurait aimé plus de chair, plus de pulsions… Ce n’est pas l’absence d’images chocs qui nous frustre, c’est le manque de ressenti. Peter Brunner a l’air d’avoir des choses urgentes à dire . Qu’il use pour cela de son talent. Maintenant qu’il a testé la liberté, qu’il prenne des risques… Qu’il soit plus expérimental encore…

My blind heart, un film de Peter Brunner avec Christos Haas, Jana McKinnon, Georg Friedrich. Durée : 1h32.

Visuels : © Katarakt Vision

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