Passion au Carré 30 avec la correspondance de Sand et de Musset

5 mars 2016 Par Elodie Martinez | 0 commentaires

Les 1er, 2, 11, 18 et 25 mars, le Théâtre Carré 30 accueille Sand Musset Correspondance mis en scène et avec Léo Betti. Nous l’avions découvert dans ce même endroit seul en scène dans Le Frigo l’an passé et nous avions été conquis par le talent de ce jeune artiste (alors sous le nom de Léo Redolat). C’est donc avec grand plaisir que nous l’attendions pour cette nouvelle pièce, accompagné cette fois sur scène par Théo Solini et avec la collaboration de Jordan Vincent pour la scénographie. 

Nous l’avions en effet noté dans notre dernier article : Léo Betti (alias Léo Redolat) est un jeune talent à suivre. Nous l’avons donc suivi dans cette nouvelle aventure autour de la correspondance de Georges Sand et d’Alfred de Musset ainsi que, bien sûr, de leurs sentiments. La présentation de la pièce est la suivante : « Passion tumultueuse et déchirante, l’union d’Alfred de Musset et George Sand demeure un symbole littéraire de l’amour absolu et terrible. Comme des vampires victoriens, Sand et Musset s’entredévorent d’amour dans une mise en scène lyrique, sombre et romantique ».

Saluons donc tout d’abord la pièce en elle-même, faite d’extraits de la correspondance entre les deux écrivains, correspondance qui offre probablement la plus belle collection de lettres d’amour passionnées jamais écrites. Car c’est bien la passion qui les lie l’un à l’autre dans cette relation qui les marquera au fer rouge, laissant davantage de cicatrices à Musset qu’à Sand (de son vrai nom Aurore Dupin). On ne doute pas de la qualité des mots que nous entendrons à l’évocation des deux auteurs avant même de nous asseoir dans la salle. Le travail effectué sur la sélection des extraits est alors remarquable car, en peu de temps, nous balayons des années d’échanges en suivant cette histoire tel un roman, avec des jeux d’échos d’un extrait à un autre.

Mais que seraient ces mots, si profonds soient-ils, sans voix? Ici , Léo Betti est un Musset fragile, profond dans sa sincérité, sans oublier toutefois les quelques moments rappelant sa style de vie, son amour des femmes et de l’alcool. Encore une fois, nous sommes happés par ce jeune comédien qui maîtrise ses intonations de voix et se trouve investi de son texte. Il parvient à nous offrir un même visage lorsqu’il récite le contenu des lettres, même si quelques secondes à peine avant il jouait une toute autre émotion. Théo Solini est quant à lui Georges Sand, d’abord un peu stressé ce soir de Première, ce qui se ressent dans son approche de la prononciation au micro, mais finalement très vite convaincant en Sand, davantage posée dans une sorte de passion plus « renfermée », ou plutôt moins ostentatoire.

La mise en scène mêle scènes jouées et citations de la correspondance. Nous commençons donc en assistant à la rencontre des deux amants, mais nous aurons aussi des scénettes qui ponctueront la soirée. Il faut bien avouer que, à une ou deux occasions (dont par exemple la scène de débauche dans ce qui semble être un bordel), l’on peut être choqué par ce que l’on voit et penser que c’est « gratuit » et de la simple « provocation ». En réalité, il n’en est rien et le pari est à la fois osé et intelligent car nous trouvons l’explication de ces passages visuels dans les lectures plus tardives, sans oublier bien entendu l’apport et l’éclairage que cela peut donner sur les personnages de Sand et surtout de Musset, ou bien sur leur passion, comme pour la première scène de la soirée. L’exploitation de la salle, très petite, est aussi bien pensée avec l’idée de ces paravents permettant de cacher, et par là même de révéler et de dévoiler. La révélation est effectivement bien au coeur de cette histoire et de ce travail, les deux amants se révélant l’un à l’autre, lisant entre leurs lignes, dévoilant à l’autre ce qu’ils ressentent, pensent, vivent,… tout en nous intégrant dans cette intimité. Enfin, ajoutez à ceci une atmosphère baroque s’adaptant tout à fait à cette passion tumultueuse.

Encore une réussite donc pour Léo Betti qui parvient à nous emmener dans un univers de passion avec un micro et deux paravents, accompagné de Théo Solini que l’on suit avec plaisir. Nous renouvelons notre conseil de suivre ce metteur en scène/comédien et vous invitons à venir découvrir cette pièce qui, si elle n’a rien à voir les grandes productions visibles aux Célestins, TNP ou Théâtre Tête d’Or, n’en regorge pas moins de jeunes talents.


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