« Rencontres en Chute Libre » d’Israël Horovitz à l’Aktéon

12 janvier 2016 Par David Rofé-Sarfati | 0 commentaires

La compagnie Nunc propose une soirée Horovitz sous forme de trois pièces en un acte inédites en France. Les situations sont des tranches de vie banales. À chaque fois, une fragilité commune déclenchera une rencontre au-delà des faux semblants.

Note de la rédaction :

Le dispositif de pièce courte en un acte, comme une nouvelle littéraire, permet de conter de façon percutante, dépouillée ; on va à l’essentiel dès la première seconde. Le corps est là, immédiatement. Le corps des timides dans Coup de tête, le corps des conjoints gênés dans Amants et Fougères et le corps des amants à moitié nus dans Chambre d’hôtel. Pour le comédien aucune période d’adaptation. Il doit incarner son rôle déjà avant de monter sur scène. Il doit être son personnage avant même de le faire parler. Pour la scénographie cette contrainte impose un décor presque familier, peu connoté, ouvert sur l’imaginaire du spectateur avec le minimum de propositions.

La compagnie Nunc signe à ce titre une réussite totale tant dans la direction d’acteurs (directrice d’acteurs Mathilde Saubole) que dans la scénographie, les lumières, les costumes et les décors. La mystérieuse Odile Lavie (elle est aussi la metteuse en scène), la surprenante et talentueuse Suzanne Galéa, l’énigmatique Louis Sé et le magnifique Luca Stefanini font succéder les rôles avec talent. Le travail est là et du spectacle impeccable on attrape le texte et son esprit dans ces trois piécettes, comme des bonbons. .

Coup de Tête : dans la salle d’attente d’un bureau de délivrance de passeport, un homme et une femme lisent, échangent sur leur lecture. Ils partent pour leur lune de miel respective. Un sanglot déclenchera la rencontre fulgurante. De la vulnérabilité commune naitra une coupure.

Chambre d’hôtel : on assiste à la rencontre invraisemblable entre la maîtresse d’un publicitaire marié et un groom gigolo. Chacun interpelle l’autre sur sa drôle de vie, sur ses choix et sur ses renoncements. Ils trouveront ensemble la force de se confronter à leur désir secret de changer de vie. De la sidération de la rencontre naîtra une coupure.

Amants et fougères : Dans un restaurant bobo un homme et une femme déjeunent. Eux dont les conjoints respectifs sont tombés amoureux se rencontrent pour la première fois. Au milieu de ce repas de crise débarquera le mari. De cet incident naîtra une coupure.

L’inattendu de la vie et la vulnérabilité des êtres va former trois fois de suite une rencontre et par elle une coupure. Cette brisure cathartique dans la séquence attendue des contingences obligera les protagonistes à se parler et à préciser leur pensée. Car à chaque fois l’expression du fantasme produit sa déconstruction. Les personnages oseront affronter l’inconnu, et se jeter dans le vide. D’où le titre Rencontres en chute libre.

On passe un très bon moment avec ses trois textes de Horovitz (on regrette qu’ils ne soient pas quatre) glorifiés par les talents de cette jeune compagnie extrêmement douée.

 

Auteur : Israël Horovitz
Artistes : Suzanne Galéa, Odile Lavie, Louis Sé / Laurent Pons, Luca Stefanini
Metteur en scène : Odile Lavie  Directrice d’acteurs Mathilde Saubole

 

 

 

 


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