Coraly Zahonero ressuscite Grisélidis Real, la prostituée peintre écrivaine, chaque soir au Studio Théâtre

28 avril 2016 Par David Rofé-Sarfati | 1 commentaire

Voulue et conçue par Coraly Zahonero , sociétaire de La Comédie Française, la pièce GRISELIDIS est un choc de théâtre et d’humanité . Avant Suresnes le 17 et 18 mai et Avignon Off du 8 au 30 juillet, la pièce participe au programme Singulis voulu par le dynamique et précieux administrateur général de la Comédie Française, Eric Ruf (par ailleurs metteur en scène cette saison d’un Roméo et Juliette remarquable).

Note de la rédaction :

Habituellement, les fauteuils de la salle du Studio-Théâtre grincent un peu. Pour la première, hier soir de GRISELIDIS, la salle est pleine et rien ne grince, car l’attention du public est saisie d’une main forte. La pièce témoignage bâtie par Coraly Zahonero autour de la compilation et interprétations des textes et des interviews de Grisélidis Réal, prostituée, peintre et écrivaine, et le jeu de la comédienne nous figent. L’incarnation de cette femme libre morte en 2005 après avoir parcouru une vie cabossée sans jamais renoncer à rendre hommage au monde tel qu’il est noir cependant que de mille couleurs, sans renoncer à aimer dans un optimisme généreux, nous hypnotise à la voir, comme elle le dit, « danser sur un volcan ». Rien ne grince sauf l’humour de la pensée violente de cette femme étonnante, extra-ordinaire et que la pièce nous offre à découvrir dans une œuvre hautement culturelle en cela que Coraly Zahonero l’a inscrite dans une transmission, repérant avec une connivence et une affection ce qui fait héritage pour nous chez Grisélidis et ce qui fait ainsi retour de notre sidération à concéder de devenir une soirée durant les enfants de cette prostituée qui nous dévoile un inexploré et, la dernière loi pénalisant les consommateurs a raté sa cible, un invisible.
La scénographie et la musique accompagnent notre réflexion. Le boudoir succède à la rue avant que le ciel bleu cru et provocant du final renvoie au saxophone doux mais nerveux de l’ouverture.
On accompagne Grisélidis dans son gagne-pain, on la voit amoureuse, on épouse ses combats.
Cette pièce est importante car elle parvient à confondre nos certitudes surannées mais que nous prenons pour indispensables, et ainsi nous emporter pour l’au delà de nos limites autant que nous bouleverser affectivement. Et lorsque la voix de Grisélidis Real retentit dans un enregistrement à la fin de la pièce, la prostituée n’est plus essentialisée dans son réputé plus vieux métier du monde, elle se singularise, et la putain devient une personne et quelle personne ! Et avec cette inversion nous effleurons par l’effet de l’engagement courageux et du talent qui doivent  être crédités ici à  Zahonero, la part la plus profonde, secrète et mystérieuse de l’humanité en nous.

Pièce essentielle à ne pas rater. 
Autour de l’œuvre à noter :
Exposition de 15 dessins (en partenariat avec les Archives littéraires suisses, Berne)
Le 27 avril : Vernissage de l’exposition à l’issue de la représentation et rencontre-dédicace avec Igor Schimek, fils de Grisélidis Réal, et Coraly Zahonero de l’ouvrage : Le Cheval Nuage, Conte et dessins de Grisélidis Réal (éditions L’œil pour l’œil)

France Culture le 28 Avril à 19:00 L’émission Ping Pong reçoit Coraly Zahonero & Chahdortt Djavann – Roman sans voile et Monologue affranchi.

Prochaines Dates : La pièce sera au théâtre jean Vilar de Suresnes les 17 et 18 mai et en Avignon Off du 8 au 30 juillet au théâtre du petit Louvre salle des templiers.

 

GRISÉLIDIS
d’après les textes et interviews de Grisélidis Réal
27 avril > 8 mai
durée 1h
Adaptation, conception et interprétation Coraly Zahonero
Avec Hélène Arntzen, saxophones et Floriane Bonanni, violon
Collaboration artistique Vicente Pradal
Scénographie et costumes Virginie Merlin

Exposition du 27 avril au 8 mai, du mercredi au dimanche, de 17h30 à 18h30, au Studio-Théâtre. Entrée libre.

 

 

 


LAISSEZ UN COMMENTAIRE VIA FACEBOOK:

comments

COMMENTAIRES:

  1. Ping : Grisélidis : revue de presse sur le spectacle de Coraly Zahonero

Laissez un commentaire: