Live report Gautier Capuçon et l’Orchestre de chambre de Paris à la Cité de la musique

14 avril 2018 Par
Christophe Dard
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Ce jeudi 12 avril 2018, le célèbre violoncelliste, accompagné de l’Orchestre de chambre de Paris dirigé par Adrien Perruchon, s’est produit pour un concert dans lequel s’est exprimé tout son talent dans un répertoire allant de Haydn à Paganini en passant par Massenet et Popper.

 

L’ouverture de La scala di seta de Rossini vient de se terminer. Elégant et tout sourire, Gautier Capuçon, qui vient d’effectuer une tournée en Allemagne, arrive sous les applaudissements sur la scène de la Cité de la musique au milieu des violons, des altos, des contrebasses, des flûtes, des hautbois, des clarinettes, des bassons, des cors, de la harpe et des autres violoncelles.
Une complicité se lit sur tous les visages des musiciens. Gautier Capuçon, dont le nouvel album Intuition vient de sortir, et l’Orchestre de chambre de Paris, l’un des orchestres de chambre de référence en Europe, entament le Concerto pour violoncelle et orchestre n°1 en ut majeur de Joseph Haydn. Ce classique du répertoire des violoncellistes du monde entier n’a pas été joué, pour la petite histoire, pendant environ deux cent ans avant d’être exhumé au début des années 1960. Un bibliothécaire le découvre dans les archives du château de Radenin situé à environ une centaine de kilomètres au sud de Prague.
Gautier Capuçon prend du plaisir à jouer cette œuvre envoûtante dont toute l’énergie se déploie dans les derniers instants. Avec délicatesse et fougue, les doigts du violoncelliste caressent, attendrissent les cordes mais forment également des interjections de virtuosité.

 

Crédit photo: Fabien Monthubert

Crédit photo: Fabien Monthubert

 

Après l’entracte, le répertoire du 19ème siècle est à l’honneur, Antonín Dvorák et Silent Wood, Jules Massenet et la célébrissime Méditation de Thaïs mais aussi la Danse des elfes de David Popper dont les études, comme l’a rappelé à juste titre Gautier Capuçon, sont encore utilisées de nos jours par les violoncellistes.
Le concert se termine par Le Cygne de Camille Saint-Saëns, extrait du Carnaval des animaux, et par les Variations sur une seule corde sur un thème de Rossini de Niccolò Paganini.
Pendant longtemps, le violoncelle a surtout jouer la ligne de basse dans des œuvres d’orchestre et de musique de chambre. Mais à l’instar de sa position centrale dans de nombreuses compositions, surtout lorsqu’il tombe dans de bonnes mains comme celles de Gautier Capuçon, le temps où le violoncelle était relégué parmi les autres instruments est révolu. Un dialogue s’instaure même entre les violoncelles et les échanges de regards bienveillants entre Gautier Capuçon et Benoît Grenet sont des moments délicieux. Comme l’intitule Giovanni Sollima dans son œuvre composée en 1993, Violoncelles, vibrez !

Christophe Dard