Partition pour une danse : Poetry de Maud Pladec

2 juin 2016 Par Marianne Fougere | 0 commentaires

Deuxième volet d’un dytique consacré au compositeur électrique et éclectique Fausto Romitelli, Poetry résonne comme un appel à la résistance : résistance des corps dans un monde en mode pilote automatique. 

Révélation chorégraphique 2010 du Syndicat de la Critique Française, pour sa pièce Professor, Maud Pladec fait partie des jeunes chorégraphes qui comptent actuellement. Formée au Centre Chorégraphique de Montpellier, interprète chez des chorégraphes d’horizons divers, cette bretonne a très vite fait le choix de créer ses propres pièces. Des pièces à la fois conceptuelles et accessibles qui ne cessent de questionner le rapport entre la musique et la danse.

Poetry, qui poursuit le travail entamé avec Professor autour de la musique du compositeur Fausto Romitelli, donne chair à cette conception de la danse comme questionnement. Alors que dans le premier volet de son dytique, Maud Pladec cherchait à traduire la partition musicale en geste, son et geste, dans Poetry, s’entrechoquent sur le plateau.  Au centre de celui-ci Tom Pauwels poursuit la partition de Trash TV Transe. Prêtre d’un rituel électrique occulte, sa musique semble dicter les gestes de ses fidèles (danseurs). Mais si le geste semble minimal, presque contenu et automatique, et la danse soumise à l’écriture de la musique, le geste influe également sur ce que l’on entend. Pièce d’une radicalité forte, Poetry  fusionne musique et danse autant qu’elle martèle les corps.

Danseurs et musicien sont comme captivés dans un même espace vibratoire. Éparpillés, désunis, ils forment malgré tout un ensemble. A l’image de cette communion difficile, la pièce peut laisser de marbre certains de ses spectateurs. Elle soulève, pourtant, une question des plus urgentes : celle de la place accordée à la poésie dans un monde colonisé par les écrans, dans un monde transformant la fluidité des mouvements humains en fréquence.

Visuel : Maud le Pladec


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