Le « Nuage » trop illustratif de Thô Anothaï aux Hivernales

15 février 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

De belles idées pour ce Nuage, forme courte qui se déguste juste après  avoir déjeuner aux Hivernales d’Avignon au cœur de la Maison Jean Vilar.  Mais dans une forme et un fond qui nous ramènent aux inlassables écueils de chorégraphes trop centrés sur l’émotion et le figuratif.

Note de la rédaction :

Malheureusement, rapidement, les images qui  nous viennent ici sont celle des travaux de Mourad Merzouki dont Pixel nous avait tant déçu. Un danseur parfait, Thô Anothaï, génie de la danse hip-hop va pendant 30 minutes nous raconter un conte imaginaire, celui de son enfance qu’il a abandonnée à 4 ans au Laos. Si la danse vaut la peine, faite de mouvements classiques et superbement maîtrisés de popping auxquels viennent s’ajouter des concentrations propres aux arts martiaux, Thô Anothaï surjoue. Il évolue sur une musique à l’émotion très artificielle et tente d’ajouter de la peine à la peine, de l’introspection à l’introspection.  Et pourtant le début, où l’on voit le danseur avançant en la décalant, son épaule, laissant alors glisser la main vers cet espace blanc, épuré symbole de ciel et de pureté et la toute fin,  où une roue en pure style break fonctionnent très bien. Mais, cela intervient à la fois trop tôt et trop tard.

On ne grimpe jamais à bord de son petit bateau tant sa chorégraphie nous laissent sur le sable. Thô Anothaï, et c’est là l’erreur, est à la fois interprète et chorégraphe. Il tombe dans le piège facile du joli. 

On gardera de ce spectacle l’incroyable qualité du danseur. On aurait aimé un geste pur débarrassé d’une bande son qui vient chercher une émotion forcée

Visuel : ©Gilles Aguilar


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