Fabrice Lambert et Ju-Hyun Jo, dans les limbes de l’au-delà

20 janvier 2016 Par Amelie Blaustein Niddam | 0 commentaires

Dans le cadre de l’année France-Corée, le Théâtre de la Ville propose jusqu’au 23 janvier un programme qui permet de découvrir la nouvelle création de Fabrice Lambert et le travail de Ju-Hyun Jo. Deux courts spectacles avec un fil conducteur métaphysique. 

Note de la rédaction :

Les deux spectacles résonnent entre eux comme si ils étaient les deux points que parcourent le pendule présent sur la scène d’Antipode. Antipode est donc le titre de la création mondiale de Fabrice Lambert que nous avions laissé, savourant son succès lors du dernier festival d’Avignon avec Jamais assez, un spectacle dont le point de départ était une usine qui ensevelissait des déchets nucléaires pendant 100.000 ans,

Ici, la question du temps qui s’écoule est encore présente avec sur scène un lourd pendule qui va et vient de façon hypnotique. Ce pendule est celui que Léon Foucault utilisait comme allégorie de l’évolution des systèmes de pensée dans Les mots et les choses. Namjin Kim est lourdement vêtu et a le visage couvert. Le principe est un pas de deux entre le corps et l’objet. D’une main mise de la pendule sur l’homme on glisse vers une liberté qui semble assumer que la perception des choses évolue avec les époques et qu’il faut faire avec. Faire danser une idée philosophique n’est pas une mince affaire et la proposition manque progression. Le projet est superbe mais la danse est ici un peu trop illustrative du propos. Namjin Kim est d’abord possédé et empêché avant d’atteindre une fluidité de geste qui donne à voir de beaux moments de danse, très aériens.
La seconde partie, As time goes by doit se vivre comme un conte pour enfant. C’est l’histoire de la vieillesse qui est ici dansée par l’excellent Jae-Seung Kim. Au sol, de dos, la chanteuse traditionnelle In-Hye Park livre la bande son de ce texte écris par l’arrière grand-mère de la chorégraphe.Le texte nous dit « ce qui reste n’est pas grand chose. Frères vivants, amusons-nous jusqu’à plus soif ». Jae-seung Kim offre une danse comme une déambulation, faite de lenteur et d’introspection. Le danseur s’enfonce dans les limbes par des cassures de rythme, des rebonds dans son thorax et ses jambes. Sa danse va glisser vers une énergie folle, quelque chose qui viendrait puiser dans le Slam et la danse Bollywood. Cela est propre à la danse coréenne qui utilise beaucoup les bras et les mains.

Antipode et As time goes by sont évidement le symbole d’un dialogue des cultures et une immersion entre des danses très diverses: Cela permet de naviguer entre introspection et figuratif. 

Visuel : DR


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