“Cabaret électrique” déjanté, vitrine d’un Cirque Electrique résolument rock’n'roll

3 février 2016 Par Mathieu Dochtermann | 0 commentaires

Jusque fin mars le Cirque Electrique reprend une formule qui a fait recette : sous le grand chapiteau, des tables ont été installées pour les dîneurs, un bar-podium pour les assoiffés de bière et de musique a été érigé, et au centre trône la piste… c’est le retour du Cabaret Electrique, divertissement gentiment sexy, aimablement déjanté, qui délectera les amateurs du genre. Avec, en gros bonus, la possibilité de dîner à quelques mètres (parfois centimètres!) des artistes…

Note de la rédaction :

Imaginez un groupe reprendre avec énergie des standards de rock, tandis qu’une femme à moitié dévêtue se roule sur des tessons de verre auxquels elle a préalablement mis le feu. Imaginez être survolé par une trapéziste dont rien n’entrave la chute sinon une cheville négligemment bloquée sur la barre, tandis que vous sirotez un verre de vin. Imaginez contempler le numéro d’un équilibriste sur cannes au mollets galbés et aux pieds délicatement pris dans de magnifiques chaussures à talons-aiguilles, tandis que vous finissez votre dessert…

Tout cela devient réalité au Cabaret Electrique. Quelques-un(e)s des meilleurs artistes de la maison y joignent leurs efforts et leur talent pour donner à voir un spectacle élaboré, qui se donne des airs de florilège de ce que le Cirque Electrique sait faire de mieux en la matière. Séverinne Bellini offre deux numéros de contorsionnisme dont l’un se double d’un strip-tease… tout en souplesse, Tarzana Fourès maîtrise toujours le trapèze, même si ses prises de risque sont moins vertigineuses qu’à l’usuel, Alba Faivre est aussi époustouflante qu’à l’accoutumée dans son passage au mât chinois. Lalla Morte livre son numéro de fakir et une version féline de sa danse fluorescente, la « Black light magic », Antoine Delon offre un beau spectacle de double bâton de feu, et Yannick Garbolino offre à la fois un très joli numéro d’équilibre sur cannes, et une vue imprenable sur de très belles jambes.

Ce qui singularise cet enchaînement de numéros, dont on pourrait dire finalement qu’on peut le trouver sous d’autres chapiteaux, c’est le petit parfum d’aventure décadente qui fait la marque du Cirque Electrique : rock’n'roll, sexy, décalé, on s’encanaille et on flirte avec les interdits, mais dans la bonne humeur et avec un certain second degré. La bande son, jouée en direct par Hervé Vallée alias Tapman assisté de divers acolytes, déborde d’énergie et d’entrain… même si le passage sur scène dudit Tapman constitue le moment le plus faible du spectacle. Les artistes sont souvent peu vêtu(e)s – quand l’effeuillage n’est pas tout simplement le propos du numéro -, certaines mises en scène louchent avec gourmandise du côté du BDSM, de nombreux artistes explorent les limites de l’androgynie et du travestissement… Ce petit parfum de souffre est relevé par les commentaires joueurs du Monsieur Loyal maison, Kiki Picasso, qui ne contribue pas peu au côté joyeusement anarchiste de la soirée.

Il ne faut pas oublier, à propos de ce spectacle, la possibilité donnée aux spectateurs de réserver pour dîner en bord de piste. Et puisqu’ainsi s’offre l’occasion de parler cuisine, profitons-en pour l’affirmer : on mange fort bien au Cirque Electrique ! La cuisine habituellement cantonnée à quelques plats qui n’ont que la prétention d’être simples, bons, faits maison, et peu chers (et c’est déjà beaucoup pour Paris!), s’étoffe pour l’occasion d’une carte un peu plus recherchée. Si l’ambition n’est pas de se hisser au niveau d’un restaurant gastronomique, les plats qu’on a pu goûter étaient convaincants : savoureux, et généreusement servis. Ne manquez pas la soupe de betteraves !

En conclusion, un Cabaret qui permet de passer une excellente soirée en compagnie d’amis, autour d’un dîner et d’une bouteille, mais qui laisse aussi le choix de venir voir le spectacle depuis les gradins, comme un florilège de ce que le Cirque Electrique sait offrir à son public. Pas un spectacle familial, en revanche, puisqu’interdit aux moins de 17 ans… il faut admettre que l’on comprend pourquoi!

Mise en scène : Hervé Vallée et Cécile Mulot
Scénographie : Hervé Vallée et Cécile Mulot
Création musicale : Hervé Vallée
Création lumière : Frédéric Pérennec et Jérôme Chaleix
Sur la piste : Kiki Picasso, Hervé Vallée, Tarzana Fourès, Séverinne Bellini, Lalla Morte, Yannick Garbolino, Alba Faivre
A la musique : Hervé Vallée, Maria Fernanda de Caracas, Mélanie Torock

Visuels: (C) Hervé Photografff


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