LA SÉLECTION POP-ROCK-INDÉ-ELECTRO-RAP du mois de Mai 2018

17 mai 2018 Par
La Rédaction
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Chaque mois, la rédaction musique de Toute La Culture.com fait le tri parmi ses coups de cœur « pop ». Place à la musique du peuple ici, où les guitares croisent autant les pads que les violons. Enjoy!

Bernhari, un nouvel EP à la conquête du public français

Le québécois Bernhari vient de sortir un EP de 7 titres, avec les plus belles chansons de ses deux premiers albums, cette fois à destination du public français. On retiendra en particulier des titres addictifs comme « Je pense à toi », mais aussi « Emmène-moi », et « Toujours toujours » où des thèmes comme l’amour et la mort sont ultra présents. D’une voix mélancolique que l’on pourrait situer entre Christophe et Polnareff, accompagnée parfois d’une musique électronique aux accents à la Pink Floyd, ses textes font mouche. Déjà reconnu au Québec, Bernhari de son vrai nom Alexandre Leclerc-Bernier, arrive de ce côté-ci de l’Atlantique. Soutenu par Feu Chartterton et attiré par la nouvelle scène française, le jeune artiste québécois devrait séduire à n’en pas douter le public français. On attend avec impatience ses prochaines dates.

Jean-Emmanuel P.

http://www.bernhari.com/musique.php?album=443

Ry Cooder slide toujours et encore avec The Prodigal Son

Artiste incontournable de la musique Américaine, Ry Cooder a su répandre son talent sur divers domaines et avec de nombreux artistes. Le maitre de la slide guitare avait commencé à être influent dans les années 60 en Californie et jouait à l’époque avec la chanteuse Jackie Deshannon ou encore, plus tard, pour Gordon Lighfoot.
A partir des années 70, il se lance dans une carrière solo qui lui vaudra plusieurs albums mythiques tels Ry Cooder (1970), Boomer’s Story (1972) ou encore Show Time en 1977. Qu’il s’agisse de slide, de mandolin ou de bango, rien n’impressionne cet artiste assoiffé de curiosité sonore. A la fois rock, folk, blues, en passant par des influences Tex-Mex et des résonances hawaiennes, la musique de Ry Cooder est une invitation au voyage et touche un public relativement large. Pas surprenant donc de retrouver les compositions de l’artiste dans de nombreuses bandes originales comme pour The Long Riders (1980), Paris, Texas (1983) ou encore Street of Fire (1984). Des Etats-Unis à Cuba, de Cuba au Mali où il sort un album avec Ali Farka Touré intitulé Talking Timbuktu, Ry Cooder ne semble pas connaitre de temps morts et sort aujourd’hui à 71 ans, son dernier album The Prodigal Son chez Fantasy Records. Onze titres représentatifs d’une Amérique moderne jouant entre le Blues, le Gospel et le Bluegrass. L’artiste y présente à la fois des compositions avec son fils Joachim Cooder comme Gentrification ou The prodigal son, ainsi que des ré-interprétations de classiques des Stanley Brothers, Blind Willie Johnson ou Blind Roosevelt Graves. Un album à la hauteur de l’artiste qui en vaut l’écoute. A noter aussi que Ry Cooder donnera un concert à l’Olympia le 21 Octobre 2018 à ne surtout pas manquer ! Clara Bismuth

S.Pri Noir enfile son Masque Blanc
Après le premier succès de Baby Gyal en septembre dernier, le rappeur parisien laissait présager un album de qualité… et c’est plutôt réussi ! Masque blanc contient 22 titres dans lesquels S.Pri Noir montre ce qu’il sait faire : de l’égotrip de Middle Finger aux sonorités planantes de Fusée Ariane, sans oublier la patte exotique et joviale de morceaux comme Mon crew ou Chico, au rythme très salsa.

Du très bon et un peu de moins bon, à l’image de certains morceaux qui se perdent dans le projet comme le titre Michael Jackson. Mais l’album est si dense que chacun peut trouver chaussure à son pied, grâce à un bon nombre de chansons à thèmes. Les sujets récurrents de l’album tournent surtout autour de la précarité et des moyens que chacun met en oeuvre pour s’en sortir. Si S.Pri s’est tourné par la force des choses vers le trafic de drogues, comme il l’explique dans l’excellente collaboration avec Nekfeu : « Je vends de la beuh, la détresse dans les yeux », certaines en arrivent à la prostitution et à l’escort, tel qu’il le décrit dans La belle est la bete. L’album comprend également le titre Seck, un magnifique hommage à sa mère sur fond d’immigration sénégalaise et de la désolation de ces situations.
Mathieu Michel

Leon Bridges-Very Good thing

Ultra moderne et en même temps ultra éternel, c’est ce qui définit le travail de Leon Bridges dans son dernier album. Il a une voix soul à tomber aux accents Kendrick Lamaresques sur un titre comme « Shy ». Cette love machine est huilée aux meilleurs de tous les genres. Funk, RnB’, Jazz. Sorti chez Columbia ce mois-ci, Good thing est extrêmement addictif. On retient un slow à faire tomber les garçons et les filles, « Beyond » tout comme le groovy « Forgive you ». Plus mature que le très repéré Coming Home (2015), cet opus s’écoute sans relâche. Le mec n’a que 28 ans et arrive aujourd’hui à se distancier des patrons pour offrir son tempo, dans un flow aux allures vintage mais qui ne l’est pas. C’est très sexy et tout cela donne assez chaud. Quand Leon lâche ses « Lions », on dit ok pour en découdre avec le diable. Amélie Blaustein Niddam


Génération(s) épérdue(s), Yves Simon en reprises

Vous le savez, la reprise est tendance. Ah.. Clara Luciani et sa « Bay ».. Dans Génération(s) épérdue(s) se réunissent tout l’actuel de la pop française. Du plus populaire (Christine and the queens) au plus pointu (Flavien Berger). Il y a du pire là dedans, justement, « Amazonia » par Christine and the queens ou « Les gauloises bleues » ultra éthérées de Clou mais aussi le meilleur, ce qui justifie la place de cet album ici. Alors, en boucle, la version éléctro tubesque d' »Au pays des merveilles de Juliette » par Woodkid, et la déprime de Nicolas Comment pour la quasi lecture bien menée de « Regarde moi ». La version des Héros de Barbés chantée par Junior fait oublier l’original. Idem pour « Macadam à quatre voies » par Flavien Berger et « Une vie comme ça » de Lilly Wood and the Prick.  Finalement comme pour toutes les reprises, cela donne envie de réécouter Yves Simon à la tristesse finalement très contemporaine. En janvier 2019, sortira chez Flammarion son autobiographie… « Une vie comme ça »
Amélie Blaustein Niddam